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  • : Le blog de Françoise Buy Rebaud
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28 juin 2015 7 28 /06 /juin /2015 17:25
"Quand les chefs d'état ne se comportent pas comme tels, ils ne méritent plus respect ni considération "

Même si elle a donné son nom à un délicieux dessert , il ne s'agit pas pour autant d'oublier que la beauté de la fille de Leda et du Cygne, épouse de Ménélas, roi de Sparte, fut la cause d'une guerre sauvage .

héléne et le berger Paris

héléne et le berger Paris

Mais Offenbach est un musicien magicien , ses deux complices Meilhac et Halévy de diaboliques librettistes , et l'opéra bouffe du titre a souvent offert aux mélomanes et aux malicieux bien des motifs de jubilation .


Une tradition , en quelque sorte .

Ce fut le cas ce dimanche 21 juin , où la généralement insipide Fête de la Musique devenait par la diffusion sur Arte de cette oeuvre un savoureux moment entre vaudeville , comedia dell' arte et grand opéra .


Non seulement parce que le jeune Lorenzo Viotti est un chef accompli et de tempérament , que la belle mezzo Gaëlle Arquez vaut à elle seule bien plus que toutes les divas à célébrité surfaite , que musiciens d'orchestre et chœurs ont fait preuve d' une homogénéité et d'une qualité remarquables , que les mouvements scéniques bien huilés communiquaient crescendo un irrésistible entrain ,

Ballet

Ballet

mais parce que le duo de metteurs en scène a réussi un tres beau coup monté .

" Quand les chefs d'état ne se comportent pas comme tels , ils ne méritent plus respect ni considération "

Les rois grecs étaient virils , leurs épouses dignes , les Troyens portèrent avec dignité leurs malheurs , mais notre Occident a peu à peu oublié ces vertus ,pardon : ces "valeurs " , et le trio précité s'en était donné à coeur joie de le démontrer en 1864 , la censure n'ayant lâché ses ciseaux qu' à la veille de la première .

L'actuel et sinistre , dans le vrai sens du terme , personnel politique étant tombé bien plus bas que celui du Second Empire , c'est dans l'allégresse que nous avons vu les faux héros de cette parodie étaler les ridicules et les lâchetés d'une dolce vita adonnée aux tics de notre époque...

Ménélas à la plage avec  ses ministres....." quels sont leurs soucis ? "

Ménélas à la plage avec ses ministres....." quels sont leurs soucis ? "

Bravo à Pierrick Sorin et Giorgio Barberio Corsetti pour avoir monté mise en scène , costume et décors et projections avec brio et .....cruauté : l'enlèvement d'Hélène non pas pour Cithère, mais Ibizza en fut le clou .


Les anachronismes et les "relectures ", d'habitude , ne nous conviennent pas
Mais en l'occurence elles visaient juste, et la flèche a trouvé sa cible .

Spectacle décapant et , bis repetita , jubilatoire , dans le sillage Offenbach , Meilhac, Halévy
Bis !!!


FBR 22 juin 2015

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Published by Françoise Buy Rebaud - dans arts Opéra - Théâtre et Musique
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15 juillet 2014 2 15 /07 /juillet /2014 17:00

Mais quelle guenille peut on avoir fait de son esprit , pour en tirer une mise en scène aussi désastreuse que celle du britannique Simon Mc Burney pour "La flûte enchantée "du divin Mozart ?
Comment des chanteurs doués , donc sollicités , acceptent ils de se plier aux lubies d' "innovateurs "uniquement portés par le snobisme de l' intelligentsia ?

Si cet opera recèle certains symbôles maçonniques , à la mode au moment de sa création en 1791 , il tient surtout , par le librettiste Schikaneder,aux contes du Dchinnistan du poète Wieland , et au caractère fantasque du compositeur , qui dut prodigieusement s'amuser à illuminer de sa musique les méandres déroutants de ce conte de fées à rebondissements . Histoires imbriquées et si mouvementées qu'elles ont inspiré une interessante bande dessinée fidéle au texte musical , irrigué de poésie , de couleur et d'allégresse . Pourquoi pas , puisqu'il s'agit d'un Singspiel plus populaire qu'un "grand " opera , car s'y succèdent chant et dialogues ?

Aussi le décor de tôles repassées , grises et dures , ces sinistres méplats de béton où défilent des ombres en costumes cravate endeuillés ,ces faux oiseaux de papier sans gazouillis , cet informe au delà d' une Reine de la Nuit dépossédée de ses charmes et sortilèges , ne peuvent ils inspirer ni la terreur , ni l'enthousiasme du combat "contre les forces obscures " , mais tout simplement un ennui mortel .......

Ce seul reproche justifierait un blâme absolu au démetteur en scène , s' il n'était allé tirer ce fatras du sac de ses homologues Olivier Py (qui ose , malgré ses cachets , se dire intermittent du spectacle ) , Thomas Ostermeyer ,Josse De Pauwe , tous clones en pire de Patrice Chéreau et prodiges du lassant festival d'Avignon , que les agitateurs patentés mettent en sourdine en ce moment .


Aix en Provence au si grand charme s'est quelque peu deshonorée par ses dernières prestations festivalières , contaminées par celui d'Avignon , justement parcequ'elles mélangent belle qualité musicale et prétention politico théatrale ; peu importe que les seules "autorités" mediatiques se répandent en louanges : les spectateurs applaudissent ce qu'ils entendent et sifflent ce qu'ils voient ,et les véritables critiques le confirment .

Il faut saluer, dans la diffusion le 9 juillet par Arte, l'extraordinaire colorature Kathryn Lewek dans le grand air de la Reine de la nuit, si périlleux pour l'interprète et donc si pénible pour mélomanes avertis .Cette blonde jeune femme , non conforme à la noirceur du personnage, est non seulement une superbe chanteuse à voix ample et charnue , se jouant des pièges techniques , mais une comédienne de race , qui s'arrache du fauteuil d'infirme , bizarre trouvaille , que MacBurney aurait dû réserver à lui même .

Que préférez-vous ? celle ci... ou l'autre ?
Que préférez-vous ? celle ci... ou l'autre ?

Que préférez-vous ? celle ci... ou l'autre ?

A propos d'Olivier Py

Le fameux Festival d’Avignon a commencé ! Enfin quand ont dit « commencé », je parle bien évidemment du Festival « Off » car pour ce qui du « In », il faudra patienter encore un peu, que la CGT- Spectacle ait décidé de le livrer.

Revenons tout d’abord à la distinction entre ces deux mondes car elle a son importance.
D’un côté il y a le « IN » et son caractère officiel et sélectif, vitrine d’un service public de la culture typiquement français. Ici c’est le règne de la subvention qui anéantit le risque financier et favorise les expériences créatives les plus folles... Nous avons même eu droit, en 2005, à une chorégraphie de danseurs et danseuses à moitié nus se vautrant dans une mare de sang, n’hésitant pas à mettre en scène la plus grande intimité périodique de la gent féminine… Une abomination quand on sait que ce festival tire son nom de l’emplacement illustre qu’il occupe : la Cour d’Honneur du Palais des Papes !

Puis il y a le « OFF » et son foisonnement exponentiel, propice à toutes les aventures même les plus discutables et les plus mercantiles qui prennent place partout où l’on peut réunir au moins une trentaine de spectateurs et qui représentait 1.258 spectacles en 2013 (contre 15 pour le « In » stricto sensu).

Vous l’aurez compris, on ne mélange pas les torchons et les serviettes et nous retrouvons donc Olivier Py, qui confiait au journal Le Monde du 4 juillet, sa vision du conflit opposant les intermittents et finalement, le Public et les commerçants avignonnais :
"Je suis, bien sûr, bien plus que solidaire du mouvement des intermittents, je suis uni au mouvement des intermittents puisqu'il impacte toute la réalité du monde culturel. Personnellement en tant que directeur du Festival d'Avignon, je me bats pour que les spectacles aient lieu, mais ça ne changera absolument rien sur mon avis: ce combat est absolument légitime."… Il ajoutait pour les chaines d’infos en continu « d’ailleurs, je suis moi-même un intermittent… » ce qui est un pieux mensonge, mais peu importe, puisque c’est pour la bonne cause....

Source : Réseau-Identités

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23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 02:56
Rigoletto au festival d'art lyrique d'Aix en Provence  en ce mois de juillet 2013

Des piéces de théatre que nous a laissées Victor Hugo , "Le roi s'amuse " n'est pas la meilleure ; apres la première réussie à la Comédie Française en 1832 , l' échec qui suivit vint du tour politique donné par son auteur au récit , peut être puisé dans un fait réel de la Cour de François 1er .

Parfois prise pour un mélodrame , c'est en réalité une tragédie : Triboulet , bouffon du roi , complice aussi de ses frasques , est pourtant le père affectueux et vigilant de la jeune Gilda . Mais celle ci lui avoue avoir été séduite par le roi . Triboulet décide de venger sa fille et son honneur par une intrigue compliquée , où l'assassin frappe non pas le roi condamné , mais Gilda qui a pris la place de cet homme , qu'elle aime en dépit de son caractère volage et de sa vie dissolue.

Reprise par Francesco Maria Piave , librettiste de Verdi , cette bouleversante histoire fait de Triboulet Rigoletto , et du présumé François 1er le Duc de Mantoue . L'opéra est créé en 1851 au théatre de la Fenice à Venise .

Rigoletto au festival d'art lyrique d'Aix en Provence  en ce mois de juillet 2013

Les caractères , très contrastés , sont respectés , et la puissance musicale de Verdi assure le succès de l'oeuvre , dont la quasi ritournelle : La donna é mobile , leit motiv du troisième acte, fait le tour de l'Europe , (comme la plume au vent femme est volage, est bien peu sage qui s'y fie un instant )

Néanmoins il faut comme toujours pour chanter Verdi des artistes au timbre large et sûr , avec beaucoup de métier et un réel don d'acteur ; s"y sont illustrés apres Geoges Thill , Dietrich Fischer Dieskau , Placido Domingo , Maria Callas , Renata Scotto , ceux que seules les grandes scènes peuvent recevoir , avec des orchestres aux sonorités amples et différenciées , réunissant pres de quatre vingts musiciens . N"oublions pas que Roberto Alagna y fut sifflé à Milan.

Au festival d'Aix en Provence le rôle du Duc revient à Arturo Chacon Cruz dont l'avenir est sans doute prometteur , mais pas forcément pour ses talents vocaux , puisqu'il apparaît en scène dans toute sa nature , entouré de Femen, alors que les autres interprètes ne laisseront pas un souvenir inoubliable .

Rigoletto au festival d'art lyrique d'Aix en Provence  en ce mois de juillet 2013

Pourtant Rigoletto ,cloué dans un épouvantable quiproquo , bourreau et victime , mérite une voix grandiose et un tempérament de feu , et non pas la blouse d'un pitoyable Pierrot lunaire .


La mise en scène se doit d'être à la mesure de l'action .Comment accepter la roulotte où père et fille ne sont que saltimbanques alors que le fou du Roi vit à sa cour ? Robert Carsen , metteur en scène canadien , veut il nous le faire prendre pour un Rom ? Comment accepter que le sinistre sac censé contenir le cadavre du Duc dédouble Gilda , autre Marguerite , en marchandise de sex-shop , allusion superflue au mercantilisme spécial de notre époque ?


Ce sont autant de contre sens quant à l'esprit du texte de V.Hugo , et aussi de Verdi , dont le sentiment politique et patriotique voguait sur des eaux autrement limpides que celui de nos contemporains .


Ce n'est pas la première fois qu'à Aix une représentation fait scandale : voir ici l'article "La dictature des metteurs en scène " octobre 2010


Imagination à sens unique ou volonté de choquer , à vous de juger ......


Nous reproduisons ci dessous la lettre d'un lecteur d'Hernani aux responsables de la programmation

Rigoletto AIX 2013
Rigoletto AIX 2013

Rigoletto AIX 2013

Réaction d'un lecteur

Rigoletto est au programme du Festival : bien.


Mais je reste avec bon nombre de mes amis complètement sidéré par le numéro de déhabillage du ténor, Arturo Chacon qui complètement nu montre son anatomie épilée : cela rend il sa partition plus compréhensible?


Et par la prestation de Rigoletto devenu clown paradant avec une poupée gonflable : le plastic de cet objet serait-il le pendant de la plastique du ténor??. Cela ne manque pas d'air!!


Qu'Aix continue dans cette voie du Crazy Horse et la réputation du festival en patira.
Neveu d'Alexis Léger dont la fondation Saint John Perse honore votre ville. je vous prie de faire en sorte que cesse la dénaturation programmée de la culture.
Que triomphe encore le bon goût français !.


Je vous remercie de bien vouloir transmettre à qui de droit.

Charles Le Dentu

loisirs@aixenprovencetourism.com

NDLR : Marseille capitale de la Culture , et Aix dans son ombre ? Patrice Chéreau , qui fit scandale à Beyreuth , met en scène "Elektra " pour ce même festival., et Bernard Focroulle en est le Directeur jusqu'en 2017 ........

Relisons ce propos d'Albert Camus :

"Tout ce qui dégrade la culture raccourcit les chemins qui mènent à la servitude .Une société qui supporte d'être distraite ....par un millier d'amuseurs cyniques décorés du nom d'artistes court à l'esclavage malgré les protestations de ceux là même qui contribuent à sa dégradation "

Entretien donné à la revue Caliban 1951

FBR 17 juillet 2013

Extrait d'un site de partage vidéo

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 12:21

MCA_alain20123.jpgLe décès de Marie Claire Alain , le 26 février , nous attriste beaucoup .

 
Parce qu'elle n'était pas assez  âgée  pour que nous nous  y attendions ; elle était née en 1926 .
Parce que son nom et sa présence assuraient encore une certaine connaissance de l'orgue et de la musique écrite pour ce  royal instrument  .
 
Fille de Albert Alain , organiste à Saint Germain en Laye , soeur cadette du compositeur Jehan Alain mort au champ d'honneur en juin 1940 , elle a mené une carrière internationale de soliste et de professeur , et ses intégrales , entre autres , des pièces  pour orgue de Bach , Grigny , Franck et bien sûr de son frère Jehan sont impressionnantes .Fondatrice du festival de Saint Donat dans la Drôme  et de l'Académie   d'  orgue  associée ,elle faisait partie de la Commission pour les orgues non protégées et de la Commission supérieure des monuments historiques  pour les orgues au Ministère de la Culture .
 
Ainsi son nom s'inscrit il désormais après ceux de Jean de Bruges à Paris ,  Frescobaldi  à Saint Pierre de Rome  ,de l'organiste de l'empereur Léopold 1er Allessandro Poglietti  *, du fameux  Buxtehude de Lübeck  ** ou de Pachelbel de Nürnberg , et des Français Jehan Titelouze  à Rouen  , Nicolas de Grigny à Reims , Florent Bienvenu à la Sainte Chapelle  ,Charles Racquet à N.D.de Paris  pour ne citer que les plus célébres.
Mais aucun de nous n'oublie le dijonnais Jean Philippe Rameau 1683 -1764  , ardent  défenseur de  la musique française contre Rousseau ***, son plus nocif ennemi , organiste à Lyon , Clermont , Avignon et Dijon , avant de s'installer à Paris , mais  plus connu pour ses oeuvres pour orchestre .
L'orgue est un instrument d'église , la période révolutionnaire lui fut défavorable  , mais les   Romantiques affectionnèrent l'instrument , particulièrement  Liszt ,Brahms , Brückner **** puis  les Français ,  les compositeurs Camille Saint Saëns  , titulaire de l'orgue de la Madeleine ,César Franck de celui de Sainte Clotilde  , Charles Marie Widor organiste de  Saint Sulpice jusqu'en 1933 ,où  Marcel Dupré sera son successeur jusqu'en 1971 ).
Plus pres de nous s 'illustreront  à Notre Dame jusqu"en 1937 Louis Vierne ,  Pierre  Cochereau jusqu'en 1984 , Maurice  Duruflé à  Saint Etienne du Mont jusqu'en 1986 , Gaston Litaize à Saint François Xavier jusqu'en 1991  Certains disposaient d'instruments créés ou restaurés par le célèbre facteur Aristide Cavaillé Coll 1830 1899.
Et je suiss consternée que ces évidences n'aient pa été évoquées en haut lieu , quand un "indigné " de la bien pensance reçoit un  hommage   qui   n'est certainement pas   unanimement "national ".
* tué Pendant le siège de Vienne par les Tucs en 1683
** pour l'écouter , Bach adolescent entreprit , à pied , le voyage depuis Arnstadt !
*** Voltaire a dit à Rameau:"Votre musique est admirable , cela même vous fera des ennemis "
**** compositeur mais aussi organiste , enterré sous l'orgue de la Basilique Saint Florian

L'orgue , instrument de gloire

 
Il n'entre pas dans ce propos d'écrire longuement sur l'histoire del'orgue , le plus ancien des instruments à clavier , apparu trois siècles avant J.C. , sur ses particularités , sa large tessiture à nombreux  timbres , et sa richesse .
Nous dirons simplement qu'un buffet d'orgue est souvent un monument d'architecture  de plusieurs matériaux , certains richement décorés .Un orgue est toujours beau , quelles que soient ses dimensions , parfois imposant ,et j'aime le pluriel qu'on lui donne  ; ainsi un organiste est il titulaire des"grandes orgues "d'une église ou d'une cathédrale  .
Sa sonorité magnifie les cérémonies et je ne sais rien de plus prégnant qu'une musique d'orgue écoutée dans la pénombre d'une église lorsque l'organiste s'exerce .
Mais la déchristianisation de notre pays a écarté des sanctuaires ceux qui y trouveraient le recueillement à défaut de la foi , et détourné les mélomanes des célébrations  où se faisait aussi l'apprentissage de l'oreille et de la sensibilité .Certes un concert s'apprécie même dans une église incomplétement remplie, mais l'instrument ne joue son rôle que dans l' athmosphère des cérémonies , de même qu'un sermon de Carême n'atteint sa véritable ampleur que dans un lieu saint.
Je garde le souvenir d'une messe de Pâques à l'Abbaye de Randol d'où un de mes cousins "mécréant ", sortit bouleversé .
 Ce miracle du chant grégorien , le souffle grandiose de l'orgue le peut aussi.
(Cliquez sur les images pour agrandir)
orguecathe_chartre.jpg
Orgues de la Cathédrale de Chartres
orgue de la basilique de saint denis
Orgues Basilique de Saint-Denis
automates_orgues_strasbourg.jpg

 

Automates de la cathédrale de Stasbourg 

 

 

    BACH - Toccata & Fugue BWV 565 (Marie-Claire ALAIN)

 


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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 01:49

 

Jesus chassant les marchands du temple G.Dauré et Jacob Jordaens.

 

Jesus chassant les marchands du temple G.Dauré
 Jesus chassant les marchands du temple -Jacob Jordaens

 

 

 


Ce spectacle a été donné à Paris en octobre au théatre de la Ville .

 

D'Avignon à Paris , tel est devenu l'héritage artistique .

 

Le Cercle Hernani

 

"Sur le concept du visage du fils de Dieu" par Romeo Castellucci"


 

Le Festival d'Avignon se poursuit jusqu’au 26 juillet mais il a connu, hier, un de ses moments les plus extrêmes avec le spectacle proposé par l’italien Roméo Castellucci : « Sur le concept du visage du fils de Dieu ». Une représentation choc qui ne dure que 55 mn mais qui ne se laissera pas oublier de sitôt.

 

 

scandale-christ.jpgComment faire pour chasser de son esprit les images terribles qu’y inscrit Romeo Castellucci, artiste radical, jusqu’au boutiste, viscéralement dérangeant. Avec ce travail, l’italien pousse encore plus loin les limites du supportable en maniant avec force des images qui ne cessent de se heurter et de creuser la faille en chacun de nous. Devant nos yeux, sur une immense toile tendue, le visage du Christ nous observe. Au pied de cette peinture, une scène terrible se passe. Un vieil homme se trouve là, diminué, impotent. Son fils en costard cravate s’apprête à partir travailler. Le vieillard fait sur lui. Il pleure, murmure »pardon, excuse moi ». Son fils le nettoie, change sa couche. La même scène se reproduit plusieurs fois. Le vieillard défèque, il sanglote. Le fils le change, hurle, pleure. Puis le spectacle bascule. C’est le visage du Christ qui est l’objet des regards. Le fils colle sa bouche sur la toile et l’embrasse.

 

Des enfants arrivent qui balancent des grenades sur l’immense visage avant que le vieillard lui même ne grimpe dessus pour y déverser ses propres excréments. Le spectacle s’achève sur ses mots écrits « Tu es mon berger ». Des mots qu’on peut lire aussi autrement, nous suggère Castellucci : « tu n’es pas mon berger ». Certains ont quitté la salle devant un spectacle qui franchit sans transiger les frontières du visible. D’autres sont restés qui ont hurlé « escrocs » à la fin des 55 mn. D’autres encore se sont battus après la représentation. Et puis il y a ceux, qui, comme moi, ont laissé venir à eux la violence de ce qui leur était montré en essayant de faire la part entre la provocation nécessaire et le caractère totalement indiscutable de ce qui avait lieu, là, en face. Ce que fait Castellucci est difficile, exige beaucoup, pousse chacun dans ses retranchements. Est-ce du théâtre encore ? pas sur. Et pourtant, il n’y a qu’au théâtre que ceci peut arriver. Cette chronique, la dernière d’Avignon, aura été la plus difficile à écrire. Mais finir le festival sur cette note, c’est aussi finir Avignon sur ce qu’il a de plus inoubliable.

 

Joëlle GAYOT

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25 juillet 2011 1 25 /07 /juillet /2011 01:40

Verdi , un compositeur qui aimait la France.*

 

Aida-en-direct-des-choregies-d-Orange-le-12-juillet.jpgSi la Comédie Française n'a pas encore redonné cette saison passée les valeurs que nous attendions , non par le choix des auteurs , mais par leur interprétation (par exemple un "Fil à la patte" hurlé, qui pouvait faire penser aux spectateurs venus d'autres pays que le cocasse de Feydau n'est qu'une manifestaton d'hystérie ) ,le théatre d' Orange nous a bien consolés par une mise en scène somptueuse de l'Aïda de Verdi , grâce à laquelle nous avons gommé , avec quelque réticence il est vrai , le déplacement incongru de cette tragédie du temps des Pharaons dans l'Egypte du Khédive .Il est vrai que celui ci , Ismail Pacha, fut le commanditaire de cet opéra , récit d'une guerre entre Ethiopiens et Egyptiens , pour la consécration de l'Opéra du Caire .La création , le 24 décembre 1871 , fut un triomphe .

 

Mais en France on ne peut s'empêcher de transposer en mode mahométan toute oeuvre qui n'y fait pas référence , même au prix de contorsions historiques ; voilà pourquoi un spectateur demandait , à la vue de curieux drapeaux rouges marqués de croissants étoilés blancs , si c'était celui de la CGT .....

 

Par bonheur la mise en scène , les superbes costumes , les projectons irisées sur les antiques pierres , les jeux deaida-verdi.jpg lumière et de couleurs exaltés par le grandiose décor du Théatre antique , des tableaux inspirés de Delacroix , la brise nocturne ont enveloppé la première représentation d'une magie souvent perdue depuis que les innovations de P.Chéreau à Bayreuth ont fait école .

 

Un opéra est un spectacle complet : comédie , drame ou tragédie , musique , danse s'y rejoignent en un assemblage complexe , piège pour un metteur en scène peu doué . Rendons à Charles Roubaud un hommage : depuis longtemps n'a été offerte au public (en l'occurence un "grand" public , huit mille personnes )une semblable fusion de ces genres ; hommage aussi au chorégraphe , et particulièrement au chef intelligent et subtilement musicien , Tugan Sokhiev, qui a preservé l'oeuvre de Verdi de la grandiloquence que lui donnent certains . Dans la retransmisson de France 2 du 12 juillet ,un reportage présente ce chef jeune , passionné , érudit , dans Saint Petersbourg où il a fait ses études : un régal .

Gloire au public toulousain d'avoir mérité cette chance ....

 

Les habitués de ce blog vont nous trouver bien indulgents ; pas totalement , hélas !

 

Car si l'orchestre de Toulouse , dans ce vaste espace , fait résonner des timbres magnifiques, les solistes n'ont pas atteint la qualité espérée , au point que certains sont surpassés par les choeurs pourtant composites , mais d'une cohésion et d'une ampleur parfaites .

 

L'américaine Indra Thomas apporte au rôle titre son beau physique , mais sa voix n'a trouvé la force des émotions qu'au dernier acte ,(il est vrai que le mur d'Auguste n'est pas une salle d'opéra ) et c'est Ekaterina Goubanova , Amnéris , voix chaude et grave aux inflexons maitrisées , que le public a acclamée . Des hommes , mieux vaut ne pas citer leurs noms : palette de nuances absente , notes longues mal tenues , parfois fautes de respiration ; à l'exception de Andrezj Dobber , Amonasro , dont la large tessiture artistement utilisée correspond à l'autorité du personnage .

En vérité , gloire aux slaves et à leur sensibilité musicale .

 

Mais , direz vous , il s'agit de l'oeuvre d'un Italien , donnée en France ,avec des artistes de tous pays ? Et Hernani défend la culture française ?;...

 

Oui , mais le metteur en scène est français , l'orchestre aussi , les choeurs aussi ; Orange est gallo-romaine , et ses chorégies nous changent des élucubrations d'Avignon. Et il s'agit de notre culture et de notre tradition occidentales .

Et puis Verdi possédait une vertu devenue rare : il aimait son pays . Partisan déterminé de son indépendance ,il combattit pour elle , et en fut récompensé par son élection à vie au Sénat en 1874 .Ecoutez pour le comprendre le magnifique choeur des exilés de l'Opera "Nabucco".

 

 

 

 

Quand le public scandait en applaudissant : Viva Verdi ! ces mots avaient un sens particulier , souvenir ou devinette pour nos lecteurs ?

 

Ce cri a retenti recemment lors d'une représentation à Milan .

 

Que ne savons nous le faire en France !

 

Françoise Buy Rebaud , 17 juillet 2011

 

* Extraits d'une lettre de Guseppe Verdi du 30 septembre 1870

 

Portrait-of-Verdi--1887---Francesco-Paolo-Michetti.jpg

 

 

" Le désastre que subit la France me met , comme à vous , la désolation au coeur .....C'est la France qui a donné au monde moderne ....la civilisation .


Jadis Attila s'était arrêté devant la capitale du monde antique ...miantenant que Bismarck fait savoir que Paris sera épargnée , je crains plus que jamais qu'elle ne soit , au moins en partie , ruinée .....Et puis j'aurais aimé que l'on pût payer une dette de reconnaissance : cent mille soldats italiens pouvaient peut être sauver la France ."

 

Lettre à Clara Maffei , citée par Pierre Petit " Verdi " 1958"

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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 06:57

 

Nous vous transmettons avec plaisir cette invitation  de Monsieur Simon Le Boeuf  à une soirée musicale au château de Villers Hélon

  

Le Cercle Hernani

Snap 2011.06.18 08.02.44 002S O I R E E Jeudi 14 Juillet 19h30 Château de Villers-Hélon

Concerts Classique et Jazz

Feu d’artifice un Château et un Parc Enchanteurs des Musiciens Virtuoses

une FÊTE inoubliable ! 

 35€ /pers.

 

soirée musicale au château de Villers Hélon

soirée musicale au château de Villers Hélon

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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 10:40

france15001.PNGLes projecteurs ont éclairé la belle exposition France 1500 , et ont , heureusement à mon gré , laissé dans l'ombre le cycle Patrice Chereau de l'auditorium du Louvre .


Meneur du jeu aux théatres de Sartrouville , de Villeurbanne et des Amandiers de Nanterre , ce metteur en scène s'est mieux identifié encore à Bayreuth ,étés 76 à 80 en déplaçant l 'Or du Rhin dans des égouts , avec dieux germaniques en gibus et redingotes , et une gestuelle qui laisse dans la calme cité temple de Wagner et Louis II de Bavière l'amer souvenir d'un violent scandale .


Mais on a oublié en France qu'il fut le responsable d'un autre scandale en remettant sur les planches en 83 l'ignominieux "Paravents " du délinquant récidiviste Jean Genêt , celui que F.Mauriac qualifiait "d'excrémentiel " , monté par R.Blin en 1961 .


Tout comme Pierre Boulez fait la pluie et le beau temps en musique contemporaine( lire le décapant et documenté "Requiem pour une avant garde " de l'intelligent Benoit Duteurtre ) , Chéreau est l'inspirateur des dictateurs de la relecture , avec des actrices comme Valeria Bruni Tedeschi ou Agnès Jaoui, et n'a pas caché son soutien à Ségolène Royal . De l'art généralisé de la mise en scène engagée.....


FBR

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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 00:59

A propos de Jean Anouilh , né à Bordeaux en juin  1910 , mort à Lausanne en octobre 1987

Pour changer de l'air rance de certains  "plateaux " de télévision dits culturels , où  se retrouvent Raphaël , Houria Bouteldja , Guy Millière , Frédéric Guillon  pour insulter la France , Attali pour nous consterner , voici quelques flèches du théatre de Jean Anouilh , que sans succès  la bien pensance a tenté d'occulter  , et dont le centenaire devrait être célébré avec  plus d'éclat .

Certes , détachées de leur contexte , elles ne sont pas aussi incisives , mais  elles font toujours mouche par les temps qui courent....

" La seule chose immorale.., c'est de ne pas faire ce qu'il faut quand il le faut . "

"On peut tout se permettre , mais il ne faut rien se passer "

"On n'achète que ceux qui sont à vendre , et ceux là précisément ne sont pas dangereux "    

(Beckett ou l'honneur de Dieu  )

 "Notre classe a toujours eu un fort contingent d'imbéciles...Chez nos femmes particulièrement , un des curieux effets de la ménopause a toujours été le snobisme des partis avancés "

"On n'a jamais tant fait fortune que du jour où on s'est mis à s'occuper du peuple ; c'est devenu une véritable industrie "

"Où est donc la force ?...chez les médiocres , parcequ'ils sont le nombre....leur donner le pouvoir, c'est risquer de les voir se perdre dans des problèmes secondaires à la mesure de leurs courtes vues."

(Bitos ou le dîner de têtes )

 "Après chaque catastrophe politique , en France , il y a  quelque chose de réjouissant à observer dans le comportement des hommes "

(La foire d'empoigne  )

"L'intelligence- pas la nôtre - est une fiente de l'esprit, que nos roseaux pensants des cafés  de la Rive gauche prennent pour elle."

(Les poissons rouges )

 Ne faisons pas à Anouilh , dont La Pléïade vient de publier l'oeuvre intégrale ,  l'injustice de réduire son théatre à ces  répliques ; il faudrait trop de place pour insérer dans cette brève rubrique celles que le ton d'aérien persiflage de la comédie humaine rendent  encore plus cruelles : Le boulanger , la boulangère et le petit mitron, Le rendez vous de Senlis , Le voyageur sans bagages, L'alouette, Ardèle ou la marguerite, Leocadia  , La répétition , La culotte et tant d'autres.

Pièces roses , grinçantes , noires, brillantes , baroques , costumées, le théatre de Jean Anouilh reste dans la ligne tragique de celui du grand  Molière , dont ces jours ci  on retrouve la tradition , parait il , au Théatre Français . A Dieu ne plaise !

***

Inattendue et bienvenue, cette récente retransmission en direct par une chaine nationale de la " Colombe " de Jean Anouilh, écrivain proscrit par les metteurs en scène, entre autres raisons, parce que comme notre Molière, il réunit le rire et les larmes en un seul texte, ce qui demande aux acteurs une agilité de virtuoses ; et surtout à cause des décapants et toujours actuels portraits de "Pauvre Bitos ".


Cette "Colombe " n'égale peut être pas : "le rendez vous de Senlis" ou "Beckett ", mais comment en préférer une à une autre ? La Pléiade ne vient elle pas de rééditer l'oeuvre complète ?


Dans une mise en scène intelligente et des décors sobres, sans doute Annie Duperrey, Madame Alexandra, en rajoutait elle un peu dans le cynisme et la vulgarité du personnage, mais Julien, fils et mari méconnu, abandonné et ridiculisé, se montrait très émouvant ; quant à Sara Giraudeau, chapeau ! le visage lisse d'égoïsme absolu, de duplicité sournoise et de vanité congénitale, elle nous disait son texte avec un naturel désarmant, sans hausser sa frêle voix, sans gestes déplacés. Une petite personne qui promet.


Sans doute projetez vous comme moi de rendre visite à Fabrice Lucchini dans sa lecture de textes de Philippe Murray; cette collusion, n'en déplaise à notre cher Monsieur de Balzac, a enchanté bien des amis tant Parisiens que Provinciaux. Mais pour l'instant je livre à votre sagesse, ou perplexité, le prix de cette...création du célèbre Damien Hirst, un crâne recouvert de platine et enrichi de plus de huit mille diamants, qui vient d'être acheté cent millions de dollars. De quoi faire pâlir d'envie son ami Jeff Koons....


Françoise Buy Rebaud

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23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 07:16

L'actualité sur Arte a fait à" Hernani "un joli cadeau  le 5 juillet avec la retransmission depuis le théatre de l'évêché d'Aix en Provence du Don Giovanni de Mozart  : c'est un Français de quarante neuf ans , Louis Langrée , invité du Met , de la Scala ,  de Vienne , mais peu souvent en notre pays , qui dirige sans partition  le Freiburger Barockorchester  ,  dont la sonorité chaude semble naitre du regard de ce chef supèrieurement doué .La cohésion  des chanteurs,  dont  les dons et le talent se doublent d'une modestie qui devrait inspirer certaines de nos divas , ajoute encore à la magie musicale de cet opéra écrit en 1786 , créé à Prague en 1787 .

 

Mais le piment de la soirée fut sans conteste le hourvari du public, qui venait d'acclamer musiciens et interprètes, à l'apparition du metteur en scène . Qu'il ait "arrangé " le livret de Da Ponte , affublé une chanteuse d'un tutu, amorcé une scène échangiste ,cédé à la mode pornographique, cela n'avait rien de nouveau ni de génial  : certains metteurs en scène  se consolent ainsi de ne pas être eux mêmes des créateurs . Mais que leCommandeur en personne vienne  s'attabler auprès d' un Don Juan  , non plus sardonique ni cynique , mais ivrogne  au goulot , et finalement  frappé de delirium tremens , c'en était évidemment trop .

 

Ce garçon , coutumier parait il de la provocation , ce n'est pas Olivier Py , mais Dimitri Tcherniakov .

 

F.B.R

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