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  • : Le blog de Françoise Buy Rebaud
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8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 03:18

N'oublions pas que Saint Valentin fut martyr chrétien sous l'Empereur Claude II , décapité apres avoir guéri une jeune aveugle et converti sa famille au christianisme.

Son actuelle attribution  n'a que peu à voir avec le calendrier liturgique, puisque la plupart des amoureux n'ont plus l'idée de magnifier leur union par une cérémonie religieuse ; toutefois ce petit moment de tendresse autour de cette date garde le mérite des traditions , et rappelle que le 14 février , aube du printemps, ouvre la saison d'accouplement des oiseaux , et Valentin devient donc protecteur des fiancés.

L es oiseaux font des petits , qu'ils soignent et protègent, mais les valentinistes ????

 

Cette fête religieuse , effacée par le consumérisme et devenue  mode , a inspiré à l 'un de nos lecteurs ce texte d'humour et de culture ..

 

FBR

 

Saint Valentin 

 

saint-valentin.jpgGélase I, pape de la fin du Vème siècle, d’origine Berbère, qui paraît-il enrichit de façon décisive le concept naissant de papauté, fut durant son règne à Rome grandement indisposé par la dernière fête païenne qui s’y déroulait chaque année entre les 13 et 15 février. C'était à partir du 15 de ce mois que des scènes d’hystérie collective en pleine Rome imaginaient les mystes sortant de la grotte (où la Luppa, louve ou prostituée, avait recueilli les deux jumeaux Romulus et Remus,) se ruer sur les jeunes romaines pour leur administrer quelques coups de Februm bien senti sur le postérieur  .                             Ce Februm, sorte de fouet sous forme de lanières, taillées dans la peau du bouc sacrifié , donna aussi son nom au mois de février.... Ainsi rendaient-ils fécondes celles qui voulaient un enfant dans l’année en même temps qu’ils vouaient un culte au dieu des troupeaux, Faunus Lupercus.

Tout Berbère et ancien nomade qu’il fut, notre Saint homme n’appréciait que fort peu cet ancien rite initiatique qui s’inscrivait dans le cycle des Liberalia du 17 mars, prés de l’équinoxe. Fête de passage était le sacrifice dans la grotte, rite barbare .Le rire aux éclats, qui survient après la purification, symbolisant ,lui ,le retour du souffle vital, et par extension la résurrection.

 

Gélase était il  animé que d’amour platonique et courtois , pour en finir avec les Lupercales et lui substituer la Saint Valentin, le 14 Février, du nom de trois Saints martyrs dont un aurait réussi ce tour de force de rendre la vue à la fille d’un magistrat d’après la légende dorée de Jacques de Voragine.

 

gelase001.jpg

 

On peut bien noter là  tout le génie du christianisme avec ce syncrétisme qui évite de prendre de front les anciennes croyances en leur substituant l’objet de la foi… Nos temps consuméristes se contentent pour leur part de l’objet du désir, à savoir les femmes et surtout, matérialiste et un peu fétichiste, les accessoires de la féminité. Les panneaux publicitaires de nos villes se couvrent d’ode à la lingerie fine, le porno chic est à l’honneur. Notre époque a choisi, ce sera la Luppa dans le lupanar…Plus de résurrection mais le déni de la mort, plus de rite de passage mais l’éternelle adolescence ou jeunesse ! .

Occident , ta mémoire flanche !.....

Rome est la ville éternelle ,l’église de Pierre est la dernière pierre de l’édifice mais la fondation remonte à loin. Et d’où viennent d’ailleurs ces Libéralia en l’honneur du dieu Liber Pater et à son parèdre Libéra remontant à la plus haute antiquité romaine ? C’est déjà par syncrétisme qu’on l’assimila au Dionysos grecs qui fut lui-même réduit ensuite au Bacchus de la vigne. Il se pourrait qu’il s’agisse plutôt d’un dieu de la fécondité ainsi que des moissons, pas très éloigné en cela de Déméter et des mystères d’Eleusis.

Là ou les choses deviennent franchement cocasses, c’est lorsque l’on cherche à trouver l’étymologie de Liber et que l’on tombe sur la racine libre qui correspond à celle d’Amazigh en berbère… A moins qu’il ne s’agisse du patriarche des peuples berbères, Pater !

S’en étonner serait oublier qu’Enée, fondateur d’Ostie, selon Virgile, aurait fait une halte en Afrique auprès de la Reine de Carthage, Didon, ancienne princesse Phénicienne. Cela, le Berbère Gélase, oublieux de ses origines, n’en a eu cure. Comme de savoir que son église se fondait sur les terres d’un lointain prince Troyen, Enée toujours, qui vit sa ville  s'embraser pour une sombre histoire de séductrice, Hélène, celle qu’Aphrodite donna à Parîs car elle était indéniablement la plus belle ! Pomme de discorde qu’Eris fit rouler , car au mariage d’un simple mortel et d’une déesse, elle ne fut pas même conviée !

Amour et Discorde parcourent l’Histoire occidentale de Thétis et Pelée à Roméo et Juliette en passant par Tristan et Iseult. « Ce sera donc la guerre ! ». C’est peut être aussi cela qui se joue et rejoue aujourd’hui sur la scène des couples contemporains avec les divorces à répétition....

Pauvre Valentin, je souhaite que ton nom méconnu des célébrants agnostiques du calendrier, simple annonce commerciale , soit enfin rehabilité et que ton honneur te soit rendu.

 

Nicolas Stoquer 

 Quoi de plus  touchant q'une solide fidélité ?
 Quoi de plus  touchant q'une solide fidélité ?

Quoi de plus touchant q'une solide fidélité ?

Bacchus et ses pampres , Dyonisos radieux ou séducteur, que les valentinistes choisissent
Bacchus et ses pampres , Dyonisos radieux ou séducteur, que les valentinistes choisissent
Bacchus et ses pampres , Dyonisos radieux ou séducteur, que les valentinistes choisissent
Bacchus et ses pampres , Dyonisos radieux ou séducteur, que les valentinistes choisissent

Bacchus et ses pampres , Dyonisos radieux ou séducteur, que les valentinistes choisissent

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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 23:15

Un de nos lecteurs nous pose une question.

 

FBR


AILLAGON.

Jean-Jacques AillagonUne grande exposition fut organisée à Versailles, en 2008 pour Jeff Koons, en 2009 pour Xavier Veilhan et en 2010 Takashi Murakami Ces trois artistes figurent dans la collection Pinault. Le président de l’établissement public du musée et du domaine national de Versailles depuis 2007 est Jean-Jacques Aillagon, ancien ministre de la Culture, et directeur du Palazzo Grassl à Venise de 2004 à 2007.

 

Ce palais appartient à la fondation Pinault pour sa collection ; il avait soulevé une polémique en son temps. L’année suivante, en 2009, un exemplaire d’une œuvre de Koons exposée à Versailles, a été mis en vente chez Christie’s à New York, et fut acquis pour 5 682 500 $ (environ 3 800 000 €), alors qu’il avait été acquis pour 994 961 $ chez Christie’s à Londres en 2001, Il n’est pas totalement absurde d’y voir un HENAURME conflit d’intérêts parce que l’exposition de Versailles aurait favorisé cette hausse de prix d’au moins quatre fois et demi. Une institution d’intérêt national utilisée par son directeur pour mettre en valeur des artistes collectionnés par celui dont il est ou a été le conseiller (le nom d’Aillagon apparaissait encore en 2008 dans le conseil d’administration de la fondation Pinault) : voilà qui n’a pas manqué de susciter des questions, dont celles de Marc Fumaroli de l’Académie française dans son article paru dans le Monde du 2 octobre 2010, nettement accusateur.

 

Or Mr Aillagon a « pondu » une loi sur le mécénat en 2003. Ces expositions selon la loi relèveraient plutôt du parrainage. Le conflit est le même, mais en outre le parrainage selon la loi doit explicitement défendre des expositions françaises. Qui est français ? Pinault ? Mais Koons, ou Murakami ?

 

Comment se fait-il qu’il n’y ait pas davantage de protestations ?

 

Docteur Jack Petroussenko


Article de Marc Fumaroli,professeur au Collège de France, membre de l'Académie, le Monde du 02.10 2010 .

Nathalie Heinrich, sociologue au CNRS , " l'Etat face au marché de l'Art " , Libération du 07 01 2011 Cinq questions au ministre.

Loi Aillagon 2003 sur Wikipedia

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Published by Jack Petroussenko - dans La parole aux membres d'Hernani
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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 15:18

Lire en premier l'article de David Mascré, " l'art contemporain ou la laideur du diable"



 Eloge du moderne dans l’art! 

« Das Ewig-Weibliche zieht uns hinan »

Goethe Faust 

 

n.stoquer021.PNG  « Je suis l'esprit qui toujours nie, et c'est avec justice car rien n'existe en ce monde qui ne mérite d'être détruit », tel se présente le Méphistophélès qui vient à la rencontre du Docteur Faust.


L’esprit nihiliste se dévoile dans cette irréductible exigence de justice ! Le scandaleux art contemporain est d’abord un art scandalisé, qui en est venu en tant que témoin à douter de la justice de dieu !


La création du monde fait trébucher, Skandalon, c’est la pierre d’achoppement ! Etonnant livre de Job ou le démiurge accepte de livrer le plus juste des hommes à l’épreuve de Satan. Apparent scandale dont le fondement pourrait se résumer à cette question, « Mais pourquoi donc Dieu a-t-il crée le mal ? ». Et s’il n’avait pas pu faire autrement ?


Il existe en ce monde un excès du mal, l’âme exaltée des nihilistes le démontre tous les jours. C’est un puits sans fond qui voit tomber Satan comme l’éclair ! Le moderne Kant le percevra en son temps qui se confrontant à un acte qui serait absolument bon aboutira à la démonstration du contraire. Un acte qui tirerait ses motivations uniquement de lui-même ne pourrait être que fondamentalement mauvais. Le bien s’appuie sur un mal relatif, tout acte contient le mal, dans tous les sens du mot « contenir »…


Alors vient l’angélisme exterminateur et son exigence d’une justice sans concession. « …Ou pire » pour que cela ne soit plus du semblant ! L’acte ne veut plus contenir le mal, il le déchaîne alors, littéralement… En rejetant le mal, purification éthique, il se condamne à en devenir son expression la plus achevée. Déconstructionisme, minimalisme, on retranche, on fait table rase, du passé on se lave les mains au risque de ne plus en avoir…De mains comme de passé !


Salvator DALI

 

L’art contemporain explore la limite du monde moderne sans jamais réussir à nous démontrer que la rupture épistémologique a bien eu lieu. Heidegger ne dépasse pas Hegel, il trébuche aux confins de sa synthèse. A l’oubli de l’être des modernes ne succède pas son ressaisissement à l’aurore d’un monde nouveau si ce n’est à donner du crédit aux thèses du surhomme et à ses conséquences historiques. Postmoderne, posthistoire, des néologismes qui marquent l’impossible dépassement.


La querelle reste celle des anciens contre les modernes et confondre moderne et postmoderne pour leur appliquer un même rejet pourrait paraître habile s’il ne révélait pas chez ses auteurs outre un profond ressentiment que rien n’excuse, la secrète attraction pour cette même exigence d’absolu qui perd tous les jours nos nihilistes révoltés. Les conséquences postmodernes de la modernité ne sont pas la vérité des modernes mais son exception qui clôt l’ensemble et cale l’antique querelle. C’est la grande secca qui traverse l’art occidental. Deux façons d’appréhender l’harmonie, symétrique, musique des sphères, ou équilibré dans son déséquilibre. Deux manières d’appréhender l’ab-sens irréductible qui nous rattache paradoxalement au monde !      


mondrian01.jpg  L’exposition au centre George Pompidou Mondrian/De Stijl n’est elle pas la preuve qu’il existe un art contemporain qui, pleinement moderne, le néoplasticisme par exemple, ne mérite nullement l’opprobre que l’on peut réserver par ailleurs à des productions contemporaines elles et pour le coup profondément malfaisantes. Aussi a-t-on appris dernièrement qu’il était toujours et fort heureusement interdit en France d’exposer des cadavres…


Aux confins de toute chose, l’on touche au sublime comme à l’insane et la matière fécale n’est pas  sans interroger la problématique de l’objet perdu éperdu, l’abject qui est aussi le sombre objet du désir, objet qu’en amour l’on met au champ de l’Autre. Mais comment se fait il que le retournement qui est la loi du signifiant nous fasse passer d’une exigence d’absolu à l’expression de son contraire ? Antigone pour dire son exigence de respect des lois divines ne trouve finalement rien de mieux que de se suicider. La révolution tunisienne en est un lointain écho…


Sur quoi bute t-on ainsi, cette pierre rejeté dont il est pourtant dit qu’elle sera la pierre d’angle, de fait ? C’est ce point focal du tableau, cet angle mort qui nous regarde et qu’un certain art contemporain tente de cerner dans ses œuvres. Cette trace du réel qui fait l’anamorphose, la voute sous laquelle se cache un rictus, la parabole qui touche au sublime. Fornix en latin, ovale, arcade, ogive qui est la trace du sacré, l’abside de l’église mais « fornicare » aussi, la fornication comme incitation au pêcher et le diable fourbu !


« L’eternel féminin nous élève », voici comment conclut le chœur du Faust de Goethe. C’est l’incitation à la transcendance ! Béatrice de Dante ou Margueritte… La plus haute expression de l’Homme qui se retourne en son contraire ! La Femme qui ouvre une brèche et non l’in (-) fâme ! La Femme, ce qui en tant que signifiant, nous le savons bien, n’existe pas… C’est l’aphanisis, l’éclipse ! Lorsque l’art se confronte au noyau dur du réel.


Tournons nous alors une dernière fois vers la « Critique du jugement » de Kant et plus précisément vers la différence entre le beau et le sublime. Remarquons leur opposition quand à la possibilité de représentation, de symbolisation : Bien que l’Idée Chose ne puisse être représentée de manière directe, immédiate, il est possible de représenter l’idée symboliquement sous la forme de la beauté (Le beau est une manière de nous représenter analogiquement le bien dans le monde phénoménal). Mais ce que met en évidence la chaotique absence de forme du phénomène sublime, c’est au contraire l’impossibilité de représenter l’Idée Chose suprasensible. Le sublime se révèle alors étrangement proche du mal. C’est la dimension même du mal radical, c'est-à-dire la dimension d’un mal dont la nature est purement spirituelle, suprasensible et non pas pathologique. C’est l’asymétrie entre le bien et le mal : Le fait que « le mal n’est pas beau », ce qui ne veut pas dire qu’il est laid, signifie qu’il ne peut pas être représenté, pas même symboliquement, c'est-à-dire qu’il est en un sens plus purement spirituel, plus suprasensible que le bien. Le mal est quelque chose de si terrible qu’il est à peine concevable comme une pure possibilité mentale.


Sur ce sujet, laissons le dernier mot à Lacan, ses réflexions sur le thème qui nous occupe sont d’une étonnante actualité : « A travers le sentiment du beau nous pouvons indirectement, symboliquement, nous représenter notre liberté, notre destination d’être libre, mais à travers le sentiment du sublime nous éprouvons au contraire l’impossibilité de nous représenter, même analogiquement, le mal radical, l’altérité et le conflit de la liberté. Toute symbolisation du mal l’extérioriserait par rapport au sujet, de même que toute sublimation du bien nous exposerait au mysticisme, à l’illusion de toute-puissance, qui dans le domaine pratique, s’appelle délire de sainteté. ». Empire du Bien, chasse aux sorcières, ligues de vertus…Mal radical, terrorisme, ténèbres extérieurs ! D’un extrémisme l’autre !  


Nicolas Stoquer

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Published by Françoise Buy Rebaud - dans La parole aux membres d'Hernani
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4 janvier 2011 2 04 /01 /janvier /2011 19:52

L'hommage à J.de Romilly  a retardé la parution de ce texte , à l'appui duquel nous vous offrons ces deux poèmes , envoyés par des lecteurs de notre blog.

 

Comment avons nous appris le Francais? Comment l'apprendra t on désormais ?


ane_ena.jpg   Il en est des élucubrations comme des champignons vénéneux : plus ils sont gros  , plus ils sont toxiques .La dernière amanite mortelle, produite par  les coutumiers de la pétition , demande nos suffrages pour la suppression des notes , à l'école , dans les collèges  . Noble cause : ne plus traumatiser les clampins derniers de classe...Dans celles où ne siègent que des derniers , d'ailleurs , on se demande quel serait le traumatisme ....

 

Il fut des temps plus rigoureux où les meilleurs recevaient une médaille , épinglée sur la veste des garçons , portée au bout d'un mince ruban par les filles , ou un bulletin supplémentaire au carnet de correspondance , avec éloges des maitres . D'autres temps  où les noms des méritants du tableau d'honneur s'affichaient dans les  galeries d'entrée  ; et la fin d'année dans les lycées  s'illuminait d'une distribution des prix avec pour récompenses de beaux livres rouges dorés sur tranche . Cela faisait des parents heureux , et d'autres que la sévérité gagnait , au grand bénéfice de rejetons indolents qui apprenaient ainsi le sens  de l'effort , et ses résultats .

Le système produisait des battants armés pour la vie .

 

La laide envie aigrissait peut être certains médiocres ,  mais comme tout un chacun devait en classe porter une blouse , à l'instar du hussard de la république en toile grise ou du prêtre en soutane noire , il n'était pas question de" classe sociale "; tout pour l'application  , rien pour l'apparence .

 

Puis vint la mode des "psy "; il ne  fallait plus de maitres , mais des" éducateurs " , succédanés des parents , dont certains trouvèrent commode de déléguer leur autorité . Il n'y eut plus de compositions trimestrielles pour évaluer les acquis , mais des contrôles , par ci par là ,  juste au moment où il devenait" tendance" de contester ceux de la police . L'échelle de 10 à 0  et celle de 20 à 0 disparurent pour"  l'évaluation " de A à E , jeu des chiffres  à lettres , mais si évaluation  il  y a , bien sommaire : envolés , les 10, 75 ou les 18, 50 , à la trappe , le zéro pointé des cancres ....

 

Evidemment  le virus va gagner les grandes écoles : vade retro , la  "botte " . Allons au bout : plus d'examens décernés à partir de notes , plus de concours d 'entrée , odieuse sélection ; plus de promotion , ni dans l'armée , ni dans les entreprises , ni dans la fonction publique . Ne traumatiser personne ! Plus de who's wo si prisé des apatrides de la finance ....

 

 Je n'enfoncerai pas des portes  déja ouvertes : ce "souci de l'enfant " ne vaut que  pour bobos gogos . Je demande pour ma part  , en toute logique , qu'on retire  , avant de ne plus  en remettre aucune , toutes les légions d'honneur et toutes les croix du mérite largement distribuées ,   depuis trois ou quatre lustres , face aux caméras ; tous les oscars  de théatre ou de cinéma , tous les classements de meilleurs joueurs de tennis , de "fout "; toutes les cotations en bourse , les  C , D  des agences de notation qui pleuvent sur Grèce , Irlande  , Portugal , Espagne , et bien sûr le AA ou BB  de France et d' Allemagne . Toutes les étoiles de nos grands chefs et celle des hôtels ; du bouis bouis au palace  , à chaque voyageur  de faire son expérience . Bien entendu aussi la sélection des meilleurs hôpitaux ,  le classement des plages pour la qualité de l'eau de mer ou la propreté du sable ,  les A.O.C. ,  le millesime des vins ,  les tests d'efficacité des crèmes rajeunissantes , les concours  pour le titre Miss France et Miss Univers ......Qu'on n'évalue plus la valeur marchande de Picasso ou de Koons , qu'on ne parie plus sur le meilleur cheval pour le Prix X  , qu'on ne jauge plus un individu sur sa Rolex , les entreprises sur les dividendes distribués , complétez la liste.....

 

Mais dans ce pêle mêle qu'on ne touche au label  plus beau village de France ! De grâce  encore un peu  de beauté  dans ce monde nivelé grisailleux ...

 

Françoise Buy Rebaud

 

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paquebot_france.jpg

Le fantôme de la France..,     (les pas du poète le portent vers un étang )

.....

Alors tu m'es apparue, comme une statue voilée ,
Sur cette mare , les pieds nus,
Toujours aussi émouvante;
Et tu paraissais vivante
Sous ton moule de tissus ,
 Dans cette brume d'été ,
Et pourtant ne l'étais plus .

 
France ? Ai je soudain appelé
Mais tu n'as pas répondu.
Ta silhouette drapée
Demeura comme interdite...
France? Ainsi tu ressuscites ?
Mais ta voix tant désirée
Encore une fois s'est tue
Me laissant désemparé .

.....

France , qu'est il donc advenu
De tes arts , de ta pensée ,
Des fleurs de pierre tendues
Au ciel de tes cathédrales ,
Des cris de Jeanne la vestale
Dont la flamme fut aux nues
Un gage de sainteté
Pour ton royaume déchu ?

 
France , où sont cachées  tes armes ,
Où est passée la " furia "
Qui t'exaltait aux alarmes ?
Rien ne frémit sous ton voile,
Rien ne perce cette toile ,
 Qui conjurerait ce charme ,
Qui nous armerait le bras
Qui assècherait nos larmes
.....
 
Lors , j'ai retrouvé mon mal
Comme Enée en fuyant Troie
Portait en lui son fanal,
Je devrai me satisfaire
Du souvenir de mes pères
Que nul n'entendra, sauf moi
Dans mon île de cristal .

 

 

 

 

Georges Clément

 

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langue-francaise.jpg

 

Histoires de mots

 

« LINGUISMES » 


...


La langue française est belle, nous disent nos linguistes.


Je la trouve bien ardue, pas tendre pour les fumistes.


Harmonieuse et concise, elle permet de tout dire :


Parfois en l’écrivant, j’irai bien la maudire.


Ses nuances sont infinies, pleines de subtilités


Mais il faut soupeser ses douces difficultés.


Il nous en a fallu, des efforts pour l’apprendre,


Notre chère langue gauloise avec tous ses méandres !


Locutions et proverbes y sont source de richesse ;


Une mine infinie qui fait toute sa finesse.


Vous avez dit nuances  ? Pardi, oui ! Elles existent !


Encore faut-il savoir, sans être perfectionniste,


Comment bien les manier, choisir le terme exact,


Pour de notre pensée, rendre le sens intact.


A ceux qui vous diraient que tout ça coule de source,


Ou que ceux qui s’y perdent ne seraient que des ours,


Je vous propose ci-dessous en petit exercice


Un panel d’expressions qui font notre délice.


Ces charmantes locutions que je vous cite en vrac,


C’est bien du bon français, pas du tout un micmac.


Mais elles font réfléchir, se poser des questions


Et nous font, à la longue, douter des convictions.


Ce sont des expressions qui, à  travers les âges,


Ont cent fois évolué pour prendre leur usage.


Alors, plongez-y donc, attachez vos ceintures !


Montrez à vos enfants ce qu’est cette aventure,


D’apprendre ce doux français qui est notre culture,


Mais que les temps modernes veulent priver d’écriture : 


Si je file à l’anglaise, en poudre d’escampette,


Beaucoup de bruit pour rien, pour partir en goguette


Abondance de biens, on le dit, ne nuit pas


Chose promise est chose due, et pas de langue au chat !


J’annonce la couleur, j’enfourche mon dada,


J’amuserai la galerie, souvent à hue à dia.


Sans mettre la charrue,  parfois avant les bœufs,


Sauter du coq à l’âne, c’est ma règle du jeu. 

J’aime coincer la bulle ou peigner la girafe,


Me tenir à carreau ou rester en carafe,


M’en mettre plein la lampe, amuser le parterre,


Ou battre le pavé sans cheville ouvrière.


Je tire au cul, au flanc, et sans un sou vaillant,


Aucun bien au soleil, rien à mettre à l’encan,


Ainsi, je prends mon pied, sans faire du potin,


Sans me fouler la rate ni avoir du tintouin.


J’en mets ma main au feu, prends ma chance aux cheveux


Serais- je de la revue, si reste canard boiteux ? 


Bon sang ne peut mentir et bon chien chasse de race


Pour les de coups  de Jarnac, mon ignorance est crasse


Ne suis pas faux jeton, je joue cartes sur table


Connu comme le loup blanc, je  les mets  sur le sable


Ne vire pas ma cuti,  ne tourne pas casaque


Ni retourne ma veste : je suis toujours d’attaque.


S’il est tombé des cordes, c’est pas la mer à boire


J’aurai chat dans la gorge et je broierai du noir


Si faisais ce que dois, adviendra que pourra :


Je sais bien qu’à bon chat on trouvera bon rat. 


Pas de douche écossaise ; contentement passe richesse.


Dans le doute, je m’abstiens, seule la vérité blesse.


Attendre la Saint-Glinglin n’est pas ma tasse de thé,


Se dorer la pilule, c’est trop collet monté.


Chaque jour suffit sa peine, la chandelle à deux bouts,


Chose promise est chose due : ménageons chèvre et chou.


Pas de bouillon d’onze heures : ce serait buisson creux,


Nécessité  fait loi, pas de fumée sans feu.


Celui qui craint les feuilles, qu’il n’aille pas  au bois


Au pays des aveugles, les borgnes sont tous rois ! 


Alors de but en blanc, au diable tous saint-frusquin,


J’ai jeté mon bonnet par dessus les moulins !


Boire à tire-larigot : pisse le mérinos !


Ma vie de patachon fera pas de vieux os …


Trop de parties carrées ? Vie de barreaux de chaise ?


A faire tant de fredaines,  je vais sucrer les fraises !


Si je sable le champagne, je monte au septième ciel,


Mon cœur bat la breloque pour la dive bouteille … 


Parfois un coup de foudre, me met dans de beaux draps,


J’en vois trent-six chandelles et en fait tout un plat.


En pincer pour quelqu’un, me met le vent en poupe,


Me fait faire le mariole : par ici la bonne soupe !


Aux mains froides, les cœurs chauds, je sais faire les yeux doux.


Autre temps, autres mœurs, ne courre plus le guilledou !


Si elle fait sa sucrée, ce n’est pas une vraie touche,


  Mais si tout sucre tout miel, serait-ce une sainte nitouche ?


A trop conter fleurette,  je vais ronger mon frein,


A trop longtemps du gringue, ça devient du béguin


Je deviens chaud lapin, vais me faire blackbouler !


Les grandes douleurs sont muettes quand on traîne un boulet.


Avoir un gros ticket, décrocher la timbale,


Me monte au septième ciel quand elle renvoie la balle.


Ça vaut son pesant d’or, c’est pas piqué des vers


Je brûlerai le pavé pour m’envoyer en l’air !


L’argent n’a pas d’odeur, occasion fait larron


Toute erreur n’est pas compte s’il faut boire le bouillon.


Mes espèces sont sonnantes et même trébuchantes


C'est donc monnaie de singe : petite pluie quand il vente.


Fortune vient en dormant, la nuit porte conseil


Autant emporte le vent  met Paris en bouteille.


Tomber dans le panneau  me fait prendre la mouche,


Je monte sur mes grands chevaux sans trop faire la fine bouche.


Je tire à boulets rouges à en perdre la boussole,


Je défraye la chronique et me pousse du col. 


Des goûts et des couleurs, il ne faut discuter,


Commencer par soi-même est bonne charité.


Qui aime bien châtie bien et qui s’y frotte s’y pique


Mais c’est bien dans le ton qu’on y  voit la musique !


Même si les chiens aboient, c’est caravane qui  passe …


Mauvaise herbe croît toujours, il faut bien qu’on trépasse !


Voir passer l’arme à gauche, dévisser son billard,


Il faut du cœur au ventre pour finir au rancart.


La fin des haricots, sera l’échec et mat !


Pour fausser compagnie sans s’éclater la rate,


Faudra vider son sac quand au bout du rouleau,


Serai au pied du mur, resterai sur carreau … 


Si vous avez des doutes, si croyez que j’invente,


Oyez pour toute réponse, cette phrase éloquente.


Elle ne mâche pas ses mots, mais dite en vieux françois,


Elle prend le mors aux dents  en parler d’autrefois.


Elle vient du fond des âges, comme tous les mots ci-dessus ;


La langue est une cuisine d’où ces plats sont issus.


« Que le feu Saint-Antoine vous arde le fondement


Si voyez en mes dires foutaises ou boniments. » 

 

Tous Droits réservés 


Jacques Grieu   j.grieu@laposte.net

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Published by Françoise Buy Rebaud - dans La parole aux membres d'Hernani
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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 02:21

" Le nihilisme est le refus de l'héritage , de la transmission ....L'autorité doit être sapée, le discours du maitre dénoncé ....Dans ce choix constant du pire, la question du patrimoine prend un relief particulier , en cela qu'il concerne étymologiquement l'héritage du père. Le combat actuel d'Hernani pour la restauration de la nécropole des Rois de France en est un exemple ..."

Ce texte de Nicolas Stoquer oriente notre réflexion vers notre inconscient , mais dirige encore plus certainement le projecteur vers la vacuité intellectuelle et spirituelle contemporaine .

"Couper la chaine des générations , interdire la transmission..."

 

Françoise Buy Rebaud


tour_eiffel.jpgLa question du nihilisme, même si elle traverse l’ensemble de la pensée philosophique occidentale depuis au moins le Gorgias de Platon, trouve néanmoins un dérivé pratique à partir des lumières, comme une des conséquences, toute inattendue soit elle, de l’Aufklärung Kantien.


L’épidémie se propagera comme c’est toujours le cas à partir d’un bord extrême de la civilisation à savoir ici en l’occurrence le grand Est Slave et Orthodoxe. Tourgueniev relate son émergence dans « Père et Fils » mais c’est Dostoïevski qui lui donnera ses lettres d’or romanesque dans « Les Possédés » ou faudrait il dire « Les Démons »… Au delà de l’assertion des frères Karamazov, « Si Dieu n’existe pas, tout est permis », l’écrivain Russe pose la question de l’excès du mal, de sa transcendance aussi peut être. Au point de prendre en suspicion de nihilisme, de mettre en examen la thèse moderne inverse et si répandue  qui réserve le bien au transcendant et le mal à l’immanent. Fédor Dostoïevski se souvient contrairement à nombre de ses contemporains et des nôtres soit dit en passant que dans le livre de Job biblique, il y a avant le discours des amis un prologue ou Dieu et Diable joue aux dés le destin du plus juste des hommes. Ses tourments rejoignent sur ce point la vieille hérésie Cathare et le démiurge créateur du mal et aussi, comme conséquence de la réforme catholique, le Jansénisme et l’économie de la grâce. Le libre arbitre, sa négation même, le problème du bien… Et Job de suivre la route antique des hommes pervers ! 


Mais c’est indéniablement Emmanuel Kant qui dévoilera le pot aux roses dans sa recherche désespérée et vaine d’un acte qui coïnciderait avec le souverain bien. Immanquablement, au crible du criticisme le plus minutieux, c’est à l’inverse qu’il aboutit systématiquement. Le bien dans son immanence paradoxale se repose sur un mal relatif là ou l’acte pure tendant vers un bien infini se renverse en mal absolu au moment de toucher au but. On connaît l’effroi avec lequel le natif de Königsberg concevait le mal radical de l’exécution de Louis XVI par les révolutionnaires français. Loin de vouloir liquider à la va vite un souverain trop encombrant, ils s’attachent à un absolu légalisme, applique à la lettre la procédure qui conduira à sa mise à mort. Un luxe de détail pour aboutir à une forme par trop évidente de suicide de l’Etat dans l’acte même qui traverse de part en part la mise en scène d’un simple régicide. Sade, le divin marquis et ses scénarii millimétrés et atroces triomphent dans la terreur. 


Le nihilisme politique au 19éme siècle et son terrorisme dément disparaitra rapidement des terres slaves, enterré par le bolchévisme au 20éme siècle mais pour mieux ressurgir sous les traits d’épouvante des grands procès staliniens. L’Allemagne de l’Aufklärung après la parenthèse romantique sera elle submergée par le nazisme qui portera à des hauteurs inégalées depuis lors le nihilisme destructeur. Mais l’autre partie du XXème siècle connaitra aussi les soubresauts de l’invasion de notre réalité par la pulsion de mort. Thanatos préside au terrorisme des années 60, cette génération n’a d’ailleurs pas encore dit son dernier mot… Elle trouve un évident et paradoxal débouché avec le terrorisme islamique qui ouvre grand les portes du XXIème siècle. 


Le nihilisme, de prime abord, en son principe, marque une coupure entre les générations. Il est même le refus de l’héritage, de la transmission. Il n’assume pas le pêcher originel, un nihiliste est un pur innocent… C’est être absolument aveugle au mal absolu qui rode encore que de ne pas voir que la prétention actuelle de notre monde occidental à l’enfance à tout âge et à l’innocence universelle participe pleinement du nihilisme radical. Ces singeries n’aveuglent après tout que ces futures victimes consentantes…


Se confondant aujourd’hui presque entièrement avec le vieil esprit frelaté de la révolte, il est né du ressentiment, d’un « non » disait Camus qui ne présupposait aucun « oui ». L’ambiguïté demeure néanmoins car cette pensée du néant, qui en vient et y retourne, prend toujours soin de mettre en exergue dans son anti discours la société utopique de demain. Le poseur de bombe moderne n’oublie jamais aussi avant de se faire sauter avec ses victimes de crier un grand « oui ! » à la vie… Et après tout, quelle différence entre le « non ! » d’Antigone à la raison d’Etat et celui de Créon qui prive de sépulture Polynice ? En quoi la fille d’Œdipe n’est elle pas dans le ressentiment elle qui finira par se suicider là ou le frère de Jocaste serait avec le pouvoir qu’il incarne un fondement d’un nihilisme qui ne respecte pas la loi naturelle alors qu’il fit, même si ce fut trop tard, à la fin de la tragédie de Sophocle, amende honorable ? Quel est le ressort intime du nihilisme et en quoi se distingue t-il finalement du sens du sacrifice ? La vieille malédiction Nietzschéenne retentit encore qui faisait du christianisme la matrice du ressentiment universel ! 


C’est dans sa manière d’appréhender le rien, le vide, ce qui est justement sa marque de fabrique, que le nihilisme se distingue de toutes les idéologies et porte la nuée sous les cieux de la civilisation qui l’a vu naître. La pensée moderne, de la Grèce antique jusqu’à nos jours, d’Hésiode à Claude Lefort fait du centre le cœur de la démocratie, de sa vacuité la condition de la liberté humaine en société. Le centre du pouvoir doit demeurer vide, ni sceptre ni temple dédié au culte et au sacré ne doit le détourner à son profit. La laïcité vient tardivement comme conséquence de l’idéologie démocratique moderne. Le nihilisme aussi… Ce dernier engage l’entreprise de destruction qu’il présente comme salutaire de tous ce qui vient faire obstacle à la pleine et entière réalisation de l’Homme moderne en société. L’autorité doit être sapée, le discours du maître dénoncé comme celui d’un usurpateur, le tyran chassé d’un centre du pouvoir qui restera vide. « Ni dieu, ni maitre ! » donc, car le centre en société comme les cieux sont désertés, l’absence n’y étant pas symbolisée. Le vide devient alors un trou, le négatif, un néant ! 


Il y a à l’origine du nihilisme ce qu’il est convenu d’appeler un démenti pervers de la réalité (et un déni de l’inconscient par la même occasion) telle qu’elle est structurée comme un langage. L’esprit nihiliste, dans la nuit de la pensée qui le voit prendre son envol, va faire l’impasse sur la loi du signifiant qui veut qu’un signifiant ne vaut en réalité que par rapport à un autre signifiant. Simplement signifié, la loi du langage et de la parole fait qu’il existe des silences assourdissants dont l’autorité vaudra mille discours. De même y a-t-il des absences qui sont insoutenables de présence. Un disparu ne sera jamais aussi présent qu’il ne sera plus la… Que tout signifiant sauf un (celui qui marque la loi du signifiant) est à priori son contraire, qu’il ne puisse pas ainsi être neutralisé(Le vide appelle le plein, il n’est pas un neutre ! De là aussi, l’absence de zéro dans l’inconscient occidental), nous vient de ce dispositif antique qui fait la parole magique. Pour preuve, le maître de séance qui énonce : « La réunion est terminée ! » ou comment un performatif pur ne trouve à se réaliser que de se retourner en un constatif. La parole change l’état du monde certes mais cette performance ne s’obtient à l’origine que d’être constatée. Et c‘est bien évidemment à l’intersection impossible de ce performatif et de ce constatif que se tient l’autorité. Alors, c’est là que vient opérer la perversion nihiliste, de cliver entre un versant soumis à l’autorité et l’autre qui en est dispensé, entre la parole qui consent à la castration et les actes qui font comme si de « rien était ». Niant la vacuité et le décentrage ontologique du sujet après avoir condamné l’imposture du discours du maître(le Nom du père), le nihilisme réintroduit dans la réalité l’impossible du réel, à savoir l’intersection, le revers du signifiant unaire, c'est-à-dire le refoulé, ce qui du monde ne se réduit pas au langage(Le monde de la réalité est ainsi fait qu’il ne peut être représenté dans la parole que par la perte du réel au sens ou le signifiant ne réussit jamais à coller au réel. La chose doit se perdre pour advenir…). De là l’aphorisme lacanien exemplifié, « le père ou pire » en ce sens que le nihiliste choisit toujours le pire ! La réalisation du mal absolu au nom du souverain bien ! 


Le nihilisme, dans sa dénonciation de l’imposture de la réalité, tente de restituer au monde sa pureté et son innocence originelle. Son onirisme confusionnel tend à culbuter les barrières, à dissoudre les frontières. Plus d’opposés, de contradictions, d’antinomies ! La loi du signifiant est balayée pour qu’advienne enfin un acte qui ne soit pas que du semblant, une autorité vraie. Il faut briser les vieilles tables de la loi pour en faire de nouvelles. Le religieux est confiné à la sphère du privé, entendez pour un nihiliste au rebut, tant l’espace public, laïque se trouve investi et paré de toutes les vertus. L’ancien privé s’exhibe ainsi au cœur de l’espace public tandis que l’indésirable est rejeté dans les ténèbres extérieurs d’un privé voué au purgatoire.  


Dans ce choix contemporain  du pire, la question du patrimoine prend un relief particulier en cela qu’il concerne étymologiquement l’héritage du père. Le combat actuel du Cercle Hernani autour de la restauration de la nécropole des rois de France est un exemple plus qu’archétypal en ce sens qu’il porte et signifie plus que lui-même. Il rappelle et actualise l’affrontement d’Antigone et de son oncle, il tourne lui aussi autour de la question de la sépulture. Ce que la fille de Jocaste redécouvre dans son exigence de voir enterrer son frère, c’est ni plus ni moins qu’une absence est une présence décuplée qu’il faut absolument marquer, re-pérer si on ne veut pas la voir envahir, hanter le lieu des vivants ! Car paradoxalement, la tombe, si elle rappelle, permet aussi d’oublier. Mais d’oublier dans un lieu qui permet le souvenir…C’est cela une nécropole ! Surtout quand elle concerne des rois dont la propriété comme pour tous les chefs d’Etat est de nous tous représenter dans un  statut…exceptionnel, d’un point extérieur, d’exterritorialité. Le roi, comme le père, c’est toujours et déjà l’Autre ! Mourir pour lui, c’est donc faire son entrée dans notre monde, de là par exemple les cérémonies du Panthéon, « Entres ici, … »  


On hérite que de disparus, ainsi le patrimoine ne peut se transmettre qu’une fois constaté le statut de défunt de celui dont on hérite. Couper la chaine des générations comme tend à le faire le nihilisme, interdire la transmission ne peut donc s’obtenir que du pire, un père bien vivant lui, débordant de vie même, qu’aucune sépulture ne retient. Un mort vivant comme pouvait l’envisager Hegel : « Un jour viendra ou la mort vivra une vie humaine ! ». La fin de l’Histoire comme totalitarisme…La fin des antagonismes, des querelles, des affrontements… Tout le contraire d’Hernani, en réalité !  

 

Nicolas Stoquer

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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 17:46

 


La question du patrimoine est d’abord une question juridique. Cela, vousle posez d’entrée justifiant votre cause par votre opposition à un texte de loi qui tend à transférer la gestion du patrimoine historique national aux collectivités territoriales, impliquant un certain désengagement de l’Etat. Le droit vient constamment régler la problématique de la transmission, c’est aussi vrai de l’acte notarié concernant l’héritage que des lois bioéthiques cherchant à protéger le patrimoine génétique contre le tripatouillage ou l’eugénisme. C’est à fortiori le cas du patrimoine, littéralement héritage du père ! Même un psychiatre comme Jacques Lacan n’en disconviendrait pas qui usait étrangement du vocable juridique de « Forclusion » pour traiter de la défaillance de la transmission du Nom du Père dans la psychose…


L’affaire est sérieuse ! Plus encore en ces temps de réforme de la taxe professionnelle, d’effondrement des recettes liées au droit de mutation et du rétrécissement des budgets afférant au transfert de compétences de l’Etat vers le local.
 

Le premier mobile de la loi, clairement identifié par les auteurs du Cercle Hernani, c’est encore et toujours ce tourisme, affreux mot note Françoise Buy-Rebaud, repris de l’Anglais après que l’on nous l’ait emprunté, savoureux va et vient de la langue… *Ce tourisme, qui d’héritiers, fait de nous des rentiers !* Si l’héritage est ce commandement de faire croitre, augmenter et multiplier, la rente est par contre profit d’usurier, incitation à profiter et à abuser. Le tourisme, c’estentre autres choses faire entrer le patrimoine historique dans un cycle de consommation culturelle qui ne laisse subsister que les cendres.

Charge aux futures « Cités Etats » d’entretenir un patrimoine qui dans une approche utilitariste leur profite en ce qui concerne la mise en valeur des territoires.


Que le patrimoine historique national soit traité comme un bien économique (qui plus est comme les autres…) a le don de provoquer la colère et la réprobation des gardiens d’une culture sacrée menacée de profanation par notre société consumériste. On ne peut que souscrire à priori au romantisme des auteurs…Romantiques passés aujourd’hui, étrange ruse de la raison, dans le camp des classiques face au culturellement correct si justement dénoncé… De ce dix-neuvième siècle au travers les âges analysé par Philippe Murray en son temps nait de biens étranges métamorphoses, dont celle qui met aux prises modernes contre modernes…

 

Pour aller plus avant dans l’analyse, il serait peut être nécessaire de se pencher un peu sur le phénomène touristique tel qu’il apparaît de nos jours. Le touriste, c’est donc celui qui fait des tours. Tout à la fois au sens ou il fait le tour de ce qu’il visite, ne fait on pas le tour des monuments que l’on découvre ?, des tours qui le mènent de chez lui à chez lui en passant par un ailleurs qui n’en finit plus de ressembler au chez soi, des tours de passe passe qui le fait participer à l’illusion ambiante tout en lui donnant l’illusion qu’il en a fait le tour et des tours en pure perte, histoire de perdre son temps par distraction en faisant des ronds dans l’eau ou des tours de manège. Autant de pratiques qui rompent avec l’idée traditionnelle du voyage, du départ comme du retour , " tels que le concevaient Chateaubriand , Byron ou Goethe "
 

"Cet effacement progressif du voyage outil de connaissance humaine et culturelle , est une des  marques de la perversion actuelle de l’occident. Le tourisme comme départ pour  rien en est une traduction ô combien révélatrice."

 
Le patrimoine n'est plus considéré valeur sacrée  ,  mais comme source de profit ,       donc vendable ,  par l'Etat propriétaire, ou comme banal objet de divertissement ,  donc jetable , par le touriste.

Nicolas Stoquer
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