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5 août 2017 6 05 /08 /août /2017 18:19
Celles qui tiennent les vie entre leurs mains

Celles qui tiennent les vie entre leurs mains

Michel Déon , de l'Académie française et Georges Prêtre , chef d'orchestre de renommée mondiale ,viennent de laisser aux mains des Parques les fils de leurs vies, suivis par Max Gallo ,lui  aussi académicien et  Claude Rich, acteur  du modèle dont le  moule semble brisé....

En cette incohérente année d'élections ,la perte de représentants aussi éminents  ,et mieux encore, attachants , de notre culture et de notre civilisation ,n' a pas eu le retentissement mérité ? C'est regrettable .

 

 

 

 

A chaque âge son image ;mais le fond demeure

Michel Déon  ,né à Paris le 4 aout 1919  ,est mort à Galway en Irlande le 28 décembre  dernier.

C'était le dernier des Hussards , ceux qui rejetaient le désert  du conformisme  .On le disait distant , mais son visage de jeunesse ou d'âge mur , ne montrait  que réserve et dignité , portées en altitude , et une autorité innée .

Apres des études au lycée Janson de Sailly, puis secrétaire de l'Action française , il s'adonna à sa passion des voyages et de l'écriture ,  fut élu en juin 1978 à l'Académie française

, Tres affecté  par le déclin commencé de notre pays , il choisit l'exil volontaire en Irlande , contrée des Poneys sauvages et du Taxi mauve

Vous le comprendrez si vous  lisez ses "Pages françaises "

 

Mais qui étaient les Hussards ?

Une tendance  littéraire de jeunes auteurs inspirés par Morand , Chardonne ,Giono :c'étaient Roger Nimier , Jaques Laurent , Antoine Blondin et Michel Deon.La presse , déja elle ! les qualifiait de fascisants , car l'existentialisme leur faisait horreur, chacun ayant sa personnalité , son style et sa vie , mais en commun l"amour passionné de la France et de sa grandeur,que la littérature devait servir avec exigence, et non asservir à la politique couleur Sartre

 

*

Georges Prêtre   natif de Waziers en Picardie,le  14 août 1924 , nous a quittés le 4 janvier 2017; la disparition de ce chef de renommée mondiale aurait dû provoquer en France le même retentissement qu'à l'étranger

 

Elève en harmonie de Maurice Durufle au Conservatoire de Paris, puis  se perfectionnant aupres d' André Cluytens et Olivier Massiaen  , il devint vite le chef des plus grands orchestres du monde, de  la philarmonie royale de Londres , la Scala , le Met ,jusqu'au symphonique  de Vienne dont il fut chef d'honneur à vie

La finesse et l'inspiration de sa direction ont fait de lui le chef préféré de Maria Callas ; les oreilles les plus exigeantes trouvent en lui de merveilleuses subtilités , dont les actuels messieurs à baguette d'ivoire sont bien éloignés

Il a été inhumé à Naves, village du Tarn où il possédait le château de Vaudricourt ; son cercueil revêtu du drapeau tricolore , car il était  Grand officier de la Légion d"honneur depuis 2009 . fut porté ,avec haie d'honneur des parachutistes du 8eme régiment de Castres , jusqu'à l'église de Naves ,et dans le plus grand silence , qui était selon lui  "le seul signe de Dieu ."

Pour apprécier l'homme et le chef, écoutez l'enregistrement du concert de Nouvel An du célèbre philharmonique de Vienne dont il était l'invité en 2010

 

 

Funérailles de Georges Pretre dans la petite église de Naves Le chef et Maria Callas , et à Vienne
Funérailles de Georges Pretre dans la petite église de Naves Le chef et Maria Callas , et à Vienne
Funérailles de Georges Pretre dans la petite église de Naves Le chef et Maria Callas , et à Vienne

Funérailles de Georges Pretre dans la petite église de Naves Le chef et Maria Callas , et à Vienne

Max Gallo

 

Surprenant personnage , né dans une famille d'immigrés italiens à Nice le 7 janvier 1932,qui  s'est éteint le 18 juillet à Cabris

Poussé par son père vers des activités techniques , ce passionné d'histoire retrouva sa voie naturelle et rédigea des ouvrages , dont beaucoup de biographies ,qui le portèrent  à l'Académie française

Il eut dans son discours de réception cette belle phrase

"je mesure avec humilité et gravité l'honneur que vous me faites : en m'élisant , vous m'invitez à une communion solennelle avec la France "

De tous  les ouvrages  de celui qui fut ministre de F.Mitterand, que désabusé il qualifia de "joueur aux cartes biseautées  .....qui a poursuivi la politique du renoncement ", le pamphlet "Fier d'être Français "reste le plus prégnant

Jugez en:

" Il y a  ,dans les greniers de la mémoire française, de vieux cahiers d'école où l'on écrivait les dates des grands évènements , qu'il fallait apprendre par coeur, et l'on collait sur les pages de droite les figurines représentant Vercingétorix , Clovis , Jeanne d'Arc , Danton, Napoléon , ,Jules Ferry, Clemenceau et- même la photo d'une école dans la brousse et des enfants noirs assis sagement à leur pupitre .La France , c'est la demeure du peuple et sa mémoire plus ou moins longue , dont chacun sait qu'il faut combler les lacunes.".....

Puis

"Allons enfants  de la patrie Le jour de gloire est arrivé

Contre nous de la tyrannie L'étendard sanglant est levé

Or ,quand de jeunes Français couvrent cet hymne de leurs insultes , les ministres baissent la tête , l'heure est aux capitulations , aux repentances et ainsi à la négation de ce qui fut le choeur français depuis plus de dix siècles , quand en 1080 un clerc d'Avranches , Théroulde, composa  la première chanson de geste ; elle raconte l'histoire de Roland qui , à Roncevaux en 778, dans les Pyrénées ,ne veut pas abandonner son arme entre les mains de ses ennemis.

(France )

Puisse jamais ne t'avoir un homme de couardise

Dieu ,ne permettez pas  que la France ait cette honte !

(Fier d'être Français , page 69  .Fayard ) ""

 

Roland mourant fait retentir son olifant pour alerter Charlemagne , dans les gorges où les Sarrazins lui ont tendu une embuscade .Ils ont asservi l'Espagne et menacent la France

Tout est dit et nous avons depuis , hélas , vu pire

Merci Max Gallo , d'avoir montré le chemin à ceux qui  dans votre "France chrétienne", ne savaient pas y mettre le pied

Honte à ceux que vous appelez la France duplice, qui  ignorent encore ce chemin !

 

 

 

Claude Rich est né à Srasbourg le 8 février 1929 , il nous a quittés le  18 juillet  dans sa maison d'Orgival

Formé au Cours Dullin , puis au Conservatoire d'art dramatique, il possédait une élégance intellectuelle innée ,pimentée d'un humour discret .Sa voix d'un timbre à la fois chantant et voilé, portée par  une diction toute en souplesse et  limpidité ,  jamais ne cherchait l'effet , mais l'âme du texte .

Il a brillé aussi bien au théatre  qu'à l'écran, et de 1950 à 2010 une liste impressionnante  d'Oscars atteste de ses succès , dont mes préférés au théatre :

"Le Diable  rouge " , où il jouait un Mazarin  tout à la fois scrutateur acéré , diplomate aguerri , diaboliquement et délicieusement ironique

" Le souper " , Talleyrand en  son art machiavelique face à Fouché incarné par Claude Brasseur magistral ; sa culture  confère au texte une incomparable vérité .

A l"écran  le film "Le crabe tambour", bouleversant aux côtés de Jean Rochefort dans de tragiques scènes de fond .

 

Des comédiens  de ce calibre,  en reverrons nous jamais ? Tout comme au clavier personne n'égale  Lipatti ,Cortot, Kempff ou Bolet, qui remplacera Brasseur ,Cremer , Noiret  et Rich ?

 

 

 

 

 

Un sourire malicieux avec un regard de tendresse

Un sourire malicieux avec un regard de tendresse

Catholique affirmé sans mièvrerie, il répliquait à ceux  que sa présence   à la messe chaque dimanche intriguait ,qu" il s'étonnait lui même  de ne pas les y voir ....

Il signa la pétition de soutien à  Benoit XVI pour le retour à la messe tridentine  qui seule , que vous soyez à Milan ou à Madrid , à Lisbonne ou à Munich , au Québec ou à Paris ,vous unit en une même fratrie à vos voisins

Une ministre de la culture enfin !a eu l'intelligence de lui rendre hommage , depuis longtemps la louange  ne penche  que du côté gauche

fbr août 2017

Le  visage d'un Pape authentique L'art du chant grégorien
Le  visage d'un Pape authentique L'art du chant grégorien
Le  visage d'un Pape authentique L'art du chant grégorien
Le  visage d'un Pape authentique L'art du chant grégorien

Le visage d'un Pape authentique L'art du chant grégorien

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27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 02:07
Le Mont comme une île , mystereux , mais ""tenez vous quiets" ....l'ange vous connait

Le Mont comme une île , mystereux , mais ""tenez vous quiets" ....l'ange vous connait

Qui veille sur le Mont Saint Michel ?Sa statue, ou un secret tellurique ?
Qui veille sur le Mont Saint Michel ?Sa statue, ou un secret tellurique ?
Qui veille sur le Mont Saint Michel ?Sa statue, ou un secret tellurique ?
Qui veille sur le Mont Saint Michel ?Sa statue, ou un secret tellurique ?
Qui veille sur le Mont Saint Michel ?Sa statue, ou un secret tellurique ?
Qui veille sur le Mont Saint Michel ?Sa statue, ou un secret tellurique ?
Qui veille sur le Mont Saint Michel ?Sa statue, ou un secret tellurique ?
Qui veille sur le Mont Saint Michel ?Sa statue, ou un secret tellurique ?
Qui veille sur le Mont Saint Michel ?Sa statue, ou un secret tellurique ?
Qui veille sur le Mont Saint Michel ?Sa statue, ou un secret tellurique ?

Qui veille sur le Mont Saint Michel ?Sa statue, ou un secret tellurique ?

   J'arrive au Mont Saint Michel un soir de ce novembre indécis, par une pluie battante qui enfle le flux déja haut ,  inonde les pavés de la porte de l'Avancée ,et fait un torrent de la rue principale ; une flambée au dîner me réchauffe aussi bien que la conversation engagée avec l'hôtelier , breton bretonnant , mais que l'idée incongrue d' une sécession de sa province fait rire .Il me conseille de visiter les lieux dès le jour levé , pour éviter les cohortes de touristes . Mais une porte du couloir des chambres donne sur les remparts , que je parcours ébloui : le flot immense et glacé par la lune éclaire  les murailles verticales du Mont , assiégé mais jamais pris ,et projette plus haut encore la statue de l'archange protecteur , celui qui parlait à Jeanne , et creuse les reliefs prodigieux des tours , cours, châtelet et barbacane , conçus par le conseiller de Charles VI , Pierre le Roi , toujours renforcés au cours des siècles .Ce" lieu où souffle l'esprit " me saisit de solennité .

 

mont01

Le lendemain matin le jusant se rosit de soleil et révèle dans la baie l'autre rocher , le mont Tombe; la première visite compte à peine vingt personnes , à l'évidence cultivées , attentives ,qui évoquent entre elles , à demi voix , le passé du Mont , se pénètrent de l'esprit de la Merveille , parcourent religieusement Notre Dame des trente cierges , le promenoir des moines aux perspectives vertigineuses , Notre Dame sous terre , la crypte des gros Piliers ,la salle des Hôtes et celle des Chevaliers , remplies du murmure éternel des prières et du froissement mat des parchemins qui furent ici préservés et transmis .Une pensée pour l'auteur d""Aristote au Mont Saint Michel"" qui ,en un magistral ouvrage ,a rendu hommage aux moines auxquels nous devons ce legs .  Ce Haut lieu de notre Histoire nous impressionne .........

.SALLE DES CHEVALIERS OU SCRIPTORIUM

Et les statues

Nous sommes le deux novembre . Autrefois férié .......

 

Midi arrive , avec lui les voitures , les cars de "tourisme " et leurs ' touristes ' , en jeans , en parka , en baskets , d'où pendent caméras , portables ,profusion de sacs où s'entassent pulls , gâteaux , statues de plâtre , assiettes de faux étain ou de faïence made in China , qui signent des cartes postales sur n'importe quel support ,et enfin s'affalent aux tables des fast food , pizzerias , et même , d'un ...kebab ! Les maisons , celles que je découvrais la nuit passée ,au détour d'escaliers abrupts , entre des murets mystérieux et des jardins secrets , disparaissent sous les présentoirs de photos , de fausses aquarelles , et je constate avec peine ,dans cette foule bruyante et lourde , la demeure où Duguesclin logea son épouse pendant une de ses campagnes .Par bonheur elle n'attire personne ....car le conservateur a oublié que les meubles anciens ont besoin de cire plus que de poussière , et aussi d'un livret rappelant aux oublieux, ou non informés , l'histoire de ce preux .

 

 

 

Trente ans plus tôt , petit garçon tenant la main de son père , j'avais déja visité le Mont , et m'étais rempli du souvenir miraculeux de la découverte du gothique , et du lieu clos et sacré où se disait la messe .Je ne suis pas retourné le trois novembre au Plomb du four , j'ai seulement contemplé longuement , de la digue  , et de plus en plus loin , la forme parfaite de ce monument " inscrit au patrimoine mondial de l'humanité " , formule qui , hélas, dessert ces lieux plus qu'il ne les illustre.  La culture ne serait elle méritée que par peu de nous ?

Claude de Curtil .

 

 

                                      Merci à un lecteur d'Auvergne pour cet émouvant récit  d'une visite au Mont
                                      Merci à un lecteur d'Auvergne pour cet émouvant récit  d'une visite au Mont
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5 juillet 2016 2 05 /07 /juillet /2016 02:14

Petit rappel historique avec de nouvelles photos du domaine.

La Tour-Maubourg , un nom oublié de notre histoire ?
La Tour-Maubourg , un nom oublié de notre histoire ?
La Tour-Maubourg , un nom oublié de notre histoire ?
La Tour-Maubourg , un nom oublié de notre histoire ?
La Tour-Maubourg , un nom oublié de notre histoire ?
La Tour-Maubourg , un nom oublié de notre histoire ?

 http://www.zoomdici.fr/actualite/Le-casse-tete-du-chateau-de-Maubourg-id117543.html

 

Les Parisiens seuls le connaitraient ils encore, sans le rattacher à rien ?? Comment une association a su éviter la démolition de la demeure d'une grande famille éteinte, et faire revivre ce nom

 

Maubourg-face_ouest-entree.jpgLe domaine de Maubourg, à mi-chemin entre Saint-Étienne et Le Puy, sur la commune de Saint-Maurice-de-Lignon, est le berceau d'une importante baronnie diocésaine du Velay à partir du xvie siècle, qui englobait également le château de La Tour etSainte-Sigolène. L'importance du site tient, entre autres, à ce qu'il se situait sur une voie reliant Retournac sur les bords de la Loire à Saint-Pierre-de-Bœuf sur les rives du Rhône. "L'allée historique" qui mène à l'entrée principale du château est une infime partie de cette ancienne voie.

Il en reste un ensemble de parcs ("grand parc et petit parc") de 33 hectares, entouré d'un mur de pierres, qui comprennent plusieurs arbres remarquables, un hêtre de quatre siècles et deux chênes de plus de trois siècles. Le petit parc a été édifié sur les plans d'un paysagiste anglais du début du XIXe.

Les bâtiments consistent en une tour, vestige de l'ancien château,  une glacière, construction assez rare dans cette partie de la France, une orangerie, édifiée au xviiie siècle par le Maréchal de la Tour-Maubourg et le château, composé de quatre bâtiments entourant une cour rectangulaire. Le château, la tour, la glacière, l'orangerie ainsi que la chapelle funéraire du cimetière de Saint-Maurice-de-Lignon ont été inscrits sur l'inventaire supplémentaire des monuments historiques en 2007.

 

L'entrée d'honneur se trouve sur la façade ouest. À gauche se situe le grand escalier puis, dans l'aile nord, les pièces de service. À droite de l'entrée, des salles de réception : une antichambre, la salle à manger, une suite de trois salons, une grande pièce et la bibliothèque sur la façade est. Sur cette même façade est, après un passage vouté permettant l'accès à la cour intérieure, se trouve la chapelle.

À l'étage, au-dessus des salles de réception se trouve la chambre du marquis suivie par la chambre de Lafayette, des chambres d'apparat et des salons, et à l'angle de l'aile sud et de l'aile est, la chambre de la marquise. Les décors antérieurs aux transformations du xxe siècle menées par les Houillères de la Loire ne subsistent que dans la bibliothèque, la grande salle et la chapelle. On peut également admirer les cheminées et les parquets en orme ou en merisier.


Ce château a été édifié au début du xixe siècle. L'ancien château, détruit sous la Révolution, se composait de trois tours (la plus ancienne devait remonter au xie siècle) et de corps de bâtiments. Les générations qui s'y sont succédé recouvrent deux familles, les Malet pendant le Moyen Âge, puis les Faÿ, à partir du xvie siècle.

 

 

Des origines au xvie siècle : le temps de la fondation

Maubourg.jpgNous disposons de peu d’information sur les origines du fief de Maubourg. Au xie siècle, la famille Malet en rend hommage à l’évêque du Puy mais les origines du site sont beaucoup plus anciennes. Un membre de cette famille, Étienne Malet sera Abbé de La Chaise-Dieu de 1347 à 1350 puis évêque d’Elne en 1350 et 1351 et enfin de Tortose de 1351 à 1356.

En 1527, Marguerite, dernière descendante de la famille Malet, épouse Christophe de Faÿ, petit fils d’un Chambellan du roi Charles VII. Telle est l'origine des Faÿ de la Tour-Maubourg (nom orthographié également Faÿ de Latour-Maubourg)

Les Faÿ constituent une très ancienne famille originaire des confins du Velay et du Vivarais ; certains de ses membres participeront à la 1re Croisade. La branche aînée s'éteint avec Philippa de Faÿ, mariée vers 1185 à Aymar de Poitiers, comte de Valentinois. Mais de nombreuses branches cadettes subsisteront .

Arnaud de Faÿ, seigneur de Chapteuil épouse en 1320 l'héritière de Peyraud et sera le père de Guillaume, Seigneur de Chapteuil et de Peyraud, grand bailli du Vivarais et du Forez, maître d'hôtel du duc d'Anjou, tué à la bataille de Brignais en 1361. Ses descendants sont à l'origine des Faÿ-Peyraud et des Faÿ-Solignac. Arnaud aura un autre fils, Raymond, bisaïeul d'Artaud, Seigneur de Lherm et de Saint-Quentin, Chambellan du roi Charles VII. Artaud est à l'origine des Faÿ-Gerlande et des Faÿ de Latour-Maubourg.

Une vingtaine de Chevaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem sont également issus de la famille et beaucoup laisseront leur vie au cours de combats. Deux d'entre eux occuperont l’importante fonction de Grand Prieur d’Auvergne, Pons de Faÿ en 1309 et Raynaud de Faÿ de 1347 à 1351.

 

Quant à Marguerite, charitable, mais trop zélée aux yeux de son mari, une tradition longtemps orale rapporte l’événement suivant : Un matin de janvier, Marguerite sort de bonne heure porter des provisions à une famille nécessiteuse. Chemin faisant, elle se retrouve face à son mari, parti chasser. Interrogée sur ce qu'elle transporte sous son manteau, elle répond, troublée : "Oh, ce ne sont que quelques fleurs". À ce moment-là, une brassée de roses et de marguerites tombent au sol, embaumant l'air de leur parfum !

Un événement proche se retrouve dans la vie de Sainte Élisabeth de Hongrie. Marguerite aurait été enterrée sur les lieux du miracle. La chapelle, reconstruite au xixe siècle, existe toujours, assez éloignée du château .

À la génération suivante, Jean de Faÿ de la Tour-Maubourg, Sénéchal du Velay et Maréchal Général des Logis de la cavalerie de France sous Charles IX organisera la défense de la ville du Puy-en-Velay contre les armées protestantes du Baron des Adrets. Son épouse, Marguerite du Peloux, lui donnera treize enfants

 

xviie siècle : l'Église et l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem

maubourg01.jpgPar la suite, Maubourg recevra à plusieurs reprises la visite de Saint Jean François Régis, "une sainte amitié l'unissait aux la Tour Maubourg"7. Un des fils de la famille de Maubourg aurait par la suite bénéficié d’une guérison devant la tombe de Jean François Régis.

À la fin du xvie siècle Jean de Faÿ est évêque de Poitiers de 1571 à 1577 et au début du xviie siècle, Paul Antoine de Faÿ de Peyraud est évêque, d'Uzès de 1621 à 1633. Deux autres membres de la famille (prénommés Guillaume et Nicolas) seront prieurs de Chamalières et un autre, Jean de Faÿ de la Tour-Maubourg, chevalier de Malte sera Grand Bailli de Lyon de 1644 à 1650. Deux membres d'une autre branche de la famille, Juste et Charles de Faÿ de Gerlande, chevaliers de Malte seront également Grand Bailli de Lyon, le premier de 1633 à 1644, le second de 1660 à 1666. En 1642, le Grand Bailli de Morée (Péloponèse), Jean de Faÿ de Peyraud (autre branche de la famille...) est tué dans un combat contre les Turcs.

Jean Hector de Faÿ de la Tour-Maubourg, dit « Le Commandeur de Latour » sera un des plus célèbres chevaliers de Malte de son époque. Commandeur de Chambéry et de Sète, il commande en 1667 un bataillon de 400 chevaliers de Malte au siège de Candie. Il en a laissé une citation manuscrite. Par la suite, il dirige les troupes de l'Ordre de Malte associées à celles de la République de Venise et des États pontificaux en Morée. Il sera tué dans un siège victorieux à Coron en 1685 ; il est enterré dans la cathédrale Saint-Jean Baptiste de La Valette. En 1462 un membre de la famille Faÿ, commandant les troupes de l’ordre de Malte, avait déjà été tué au cours d’un combat victorieux contre les Turcs en Morée, ce qui fera dire plus tard : « On se demandait ce qui était le plus fatal, la Morée à la famille de Faÿ ou la famille de Faÿ à la Morée »

 

Lire la suite ici

 

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11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 05:50

Nous avons des chapelles , de petits chateaux , des campagnes , et aussi des paysans sans lesquels la France ne serait plus la France


Oubliés eux aussi , ce qu'ils nous donnent , la vie , la terre qui ne ment pas
La voix humaine est une priè
re...

Nos forêts elles aussi oubliées ?


L"Etat en faillite fait feu de tout bois , mais le bûcher devrait être pour lui

Effacer des toponymes ne fera pas taire les mémoires,quand bien même le mémoricide aurait lieu , l ' Histoire un jour prendra sa revanche

Comment faire disparaître l’histoire et le passé local d’un village ou d’une région en incitant des maires à changer le nom de leur commune ? Le 11 février dernier, une proposition de loi pour « l’amélioration du régime de la commune nouvelle » était adoptée à une large majorité par les députés français. La loi a reçu le plein accord du Sénat quelques semaines plus tard.


Cette loi qui comporte des dispositions financières incitatives – regroupement de communes contre argent – ne serait-elle pas un écran de fumée visant à masquer le véritable objectif de l’Etat ? Faire disparaître les communes … et leurs passés.


La Chapelle-Basse-Mer et les communes « nouvelles »


On le sait, les dotations financières accordées aux communes de France s’effondrent. Résultat, les maires en mal d’argent sont parfois prêts à toutes les concessions pour obtenir des moyens financiers supplémentaires. N’y aurait-il pas là un chantage magistralement organisé ?


Le dernier exemple en date nous l’avons trouvé aux limites de la Vendée et de la Loire Atlantique. D’ici quelques semaines, les communes de La Chapelle-Basse-Mer et de Barbechat doivent se regrouper. On a proposé aux habitants de changer le nom de leurs communes en « Divatte sur Loire ». Or, la commune de La Chapelle-Basse-Mer porte ce nom depuis des décennies et fut, durant la Révolution française, le théâtre de massacres perpétrés par les soldats de la République.


Du génocide au « mémoricide » programmé


En 1794, 800 personnes, hommes, femmes, enfants, vieillards furent assassinés par les républicains. Les habitants, par le biais d’une pétition réunissant plus d’un millier de signatures, refusent le changement de nom de leur commune estimant que l’Etat veut effacer son passé, comme Reynald Secher l’a bien montré dans ses ouvrages et en particulier dans « Vendée : du génocide au mémoricide ». La France organise un révisionnisme légal.


Reportage en Loire Atlantique d’Armel Joubert des Ouches

http://la-semaine-de-reinformation-tv.com/

Les paysans de France vont ils disparaître ?
Les paysans de France vont ils disparaître ?

Des nouvelles d'un oublié parmi tant d'autres, le chateau de Sarcignan

"Sauvons le château de Sarcignan".

Merci à toutes et à tous pour votre très forte mobilisation concernant la Sauvegarde de notre petit Château. Nous sommes touchés par vos témoignages, conseils et encouragements. Malgré cette période estivale, bien orchestrée par nos élus, nous atteignons les 10.000 signatures.

Les négociations avec notre Maire, qui est en vacances depuis le 15 Juillet et ce jusqu'au 15Août, s'avèrent impossibles. Néanmoins, nous étions invités par 3 de nos élus : le 1er adjoint, le responsable du patrimoine communal en charge du dossier, le responsable en charge de l'administration générale et juridique, à une réunion informelle le 05 Août.

Nous nous y sommes rendus bien accompagnés par Rémi Desalbres, Architecte du Patrimoine, Marc Saboya Historien d'Art, spécialiste de l'Art contemporain, professeur à l'Université de Bordeaux III, Norbert Fradin, le créateur et le promoteur du Musée de la Mer et de la Marine de Bordeaux, Madame Lacoue-Labarthe, Directrice de la SAB, Yves Simone, guide et historien. Nous ne manquerons pas de vous tenir informés du résultat de cette entrevue.

Des renseignements très intéressants ont été publiés, nous vous invitons à les consulter :
Un château néogothique bientôt détruit par la commune de Villenave d’Ornon
http://www.latribunedelart.com/un-chateau-neogothique-bientot-detruit-par-la-commune-de-villenave-d-ornon
L'article du site de la SPPEF
http://www.sppef.fr/2015/07/26/non-a-la-demolition-du-chateau-de-sarcignan-programmee-pour-le-10-aout/

Merci encore ! Continuez à vous mobiliser, à informer, et à fédérer ! Amis du quartier ou d’ailleurs, mobilisons-nous pour empêcher la destruction programmée, à partir du mois d’août, du Château romantique de SARCIGNAN du XIXe siècle au cœur d’un quartier de Villenave-D’Ornon !

Avec l’appui de la Société Archéologique de Bordeaux et de la SPPEF.


Michel POIRIER, Président,

Les paysans de France vont ils disparaître ?
Les paysans de France vont ils disparaître ?
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2 octobre 2014 4 02 /10 /octobre /2014 05:44
Il est de nouveau question de l'Hôtel de la Marine
 
Nos lecteurs se souviennent de l'émotion soulevée lorsqu'il fut question de vendre le prestigieux Hôtel de la Marine à un promoteur immobilier .
Ce conflit  serait il près s'éteindre , et ce témoin de notre Histoire connaitra t il un destin digne son passé ?
Nous attendrons encore avant de nous prononcer sur les décisions annoncées , mais un rappel s'impose .
Retrouvez l'Hôtel de la Marine dans nos précédents articles .
 
FBR Octobre 2014
 
 
Hôtel de la Marine : Plus qu'un mois avant la fin de l'appel à projets
 
29707.jpg 
crédits : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU 
 
L'état-major de la Marine nationale est à louer et les investisseurs intéressés par le superbe immeuble de la place de la Concorde ont jusqu'au 17 janvier pour répondre à un appel à projets lancé en prévision du déménagement de l'EMM. Les marins doivent, en effet, quitter la Rue Royale pour rejoindre le nouvel immeuble où le ministère de la Défense compte regrouper ses composantes parisiennes. Installé à Balard, dans le 15ème arrondissement de la capitale, le « Pentagone à la française », ou « Balardgone » comme on le surnomme chez certains militaires, devrait être opérationnel, au mieux, en 2014. A cette date, les marins devront avoir quitté l'Hôtel de la Marine. Classé monument historique, l'immeuble devrait faire l'objet d'un bail de 60 à 80 ans, rapportent nos confrères du journal Le Télégramme.
Considéré comme l'un des chefs d'oeuvre de Jacques-Ange Gabriel, architecte de Louis XV, l'Hôtel de la Marine a été édifié de 1757 à 1774 pour servir de garde-meubles de la Couronne. Doté d'une façade identique à celles des hôtels Crillon et Coislin, dont il est séparé par la rue Royale, le bâtiment abrite le haut commandement de la marine française depuis 1789. A ce jour, près de 1000 personnes y travaillent, dont 200 civils. L'édifice compte 552 pièces et une surface habitable de 24.000 m2.
(Source : Mer et Marine )
****
L'Hôtel de la Marine
 
2, place de la Concorde (autrefois place Louis XV )
 
   hm_003.jpgCommencée en 1757, sur un projet de Gabriel ,elle avait alors la forme d'un octogone bordé par un fossé de 20 m. de large , avec à chacun des angles un petit pavillon .A son achèvement en 1772, Gabriel construisit sur le côté nord  les deux palais jumeaux initialement prévus pour le logement d'ambassadeurs de marque ; ces deux palais de 96 m. de long et 25 m.de h.présentent en façade un portique de douze colonnes d'ordre corinthien .
 
L'hôtel de la Marine ,situé au n°2 ,  servit  dès son achèvement de Garde Meuble de la Couronne, et Marie Antoinette y eut son pied à terre de 1784 à 1788  (n.b. les commissaires de la République  voulurent assister depuis les fenêtres de ce petit appartement au supplice de la Reine  ) . Quand la Cour revint à Paris en octobre 1789, le Comte de Luzerne de Beuzeville  y installa les services de son Ministère de la Marine .
 
Lors du sac  en 1792 du Garde Meuble les diamants de la Couronne  disparurent. Ce trésor  avait été constitué par François 1er puis ses successeurs  et   déclaré inaliénable .Une faible partie seulement fut retrouvée ,  dont le "Régent " sous des gravats avenue Montaigne  , le "Sancy " et le rubis( Spinelle ) d'Anne de Bretagne , à Hambourg  . Le "Diamant Bleu " reapparut en 1812 à Londres ; acheté par un banquier de la ville, Hope , il est aujourd'hui à Washington .A l'initiative de B.Raspail , le tout fut mis en vente en 1887 ,  sauf le "Régent  ", actuellement au Louvre , où on peut admirer aussi le "Sancy " , racheté par les Musées de France en 1978 .
 
 Le bâtiment accueillit sur son toit , depuis l'Empire jusqu'en 1818 le télégraphe de Chiappe qui  le reliait à  Brest .Devenu ambulance en 1870 , il faillit subir le même sort que le Palais des Tuileries sous la Commune . Il est resté jusqu'à maintenant le Ministère de la Marine .
 
Dans le palais jumeau au n° 4 , propriété de la famille Crillon jusqu'en  1807 , vécut Chateaubriand , de 1805 à 1807 ; en  l'absence du duc sous l'émigration ,  il devint hôtel meublé de 1803 à 1812 ( hôtel de Courlande ) , résidence quelques temps de l'Ambassade d'Espagne .  Transmis en 1835 par le duc de Crillon à sa fille duchesse de Polignac, il fut vendu en 1907 à la Société des Magasins du Louvre  . Alors commencèrent ses malheurs : si la façade et le salon du rez de chaussée furent conservés , son aménagement en hôtel de luxe entraina  , entre autres dégâts , la dispersion des boiseries anciennes , sort qui pourrait être celui de son jumeau .
 
Les articles afférents sur notre blog , et le diaporama expliquent l'opposition indignée qu'a  soulevée ce projet.
 
F.B.R.
hm_000.jpgDans le dernier numéro de « Sites et Monuments », nous évoquions, sous la signature de Gilbert Galliéni, le devenir incertain du somptueux Hôtel de la Marine, œuvre majeure de Jacques-Ange Gabriel (1698-1782), premier architecte du Roi Louis XV, achevée par Jacques-Germain Soufflot, le concepteur du Panthéon.
 
Face aux inquiétudes grandissantes et légitimes quant au sort prochain de ce superbe édifice, souvent considéré comme le plus beau palais de Paris, tant par l’originalité de son architecture, par la qualité de ses décors intérieurs et de son mobilier, que par sa situation sur la prestigieuse place de la Concorde, nous avons consacré un dossier complet à ce haut lieu de l’Histoire de France, ancien garde-meuble de la Couronne, devenu depuis la Révolution le siège de l’Etat-Major des forces navales.
 
Les services de la Marine doivent en effet quitter les lieux en 2012, pour rejoindre le site de Balard, dans le XVe arrondissement, où seront réunies les diverses administrations de la Défense. S’il n’est plus aujourd’hui question d’aliéner cet édifice exeptionnel, partie intégrante du patrimoine national, marqué tant par la présence de la reine Marie-Antoinette, de ministres et de diplomates, que d’écrivains, de peintres et de savants, une telle « évacuation », programmée dans le cadre de la cession d’un bien national à un « repreneur » ou à un « exploitant », n’est pas sans poser le problème des responsabilités de l’Etat en matière de biens culturels.
 
Depuis le printemps dernier, le « brouillard » qui s’est installé autour de l’avenir de l’Hôtel de la Marine peine à se dissiper… Les projets qui se multiplient s’élaborent dans la plus grande opacité. Se résoudra-t-on à en faire un hôtel de luxe, une sorte de Villa Medicis-bis, un centre de conférences internationales, un musée consacré à l’histoire de la Marine, ou bien encore un musée de l’Histoire de France, projet évoqué par le président de la République qui a omis d’en préciser le lieu d’installation ? 
 
 
 
 

 

HOTEL DE LA MARINE : La profanation du Temple
 
Au moment où les élus s'interrogent sur «l'identité nationale», l'État, garant du patrimoine, veut brader l'hôtel de la Marine, emblème des valeurs françaises et maritimes, haut lieu de notre histoire.
 
On vend...
 
hm_010.jpgLe 8 mai 2009, tel Louis XVI inspectant la flotte rassemblée à Cherbourg, Nicolas Sarkozy accou rait à Toulon pour passer en revue les forces navales françaises et célébrer le débarquement de 1944, habit rouge brodé d ' or et lancer de pétales en moins. Ému par les exploits des alliés de la Seconde Guerre mondiale, le président de la République en appelait à la « mémoire vivante » de la France. Tout retourné, Momus se demandait néanmoins si quelque génie perfide ne lui avait pas soufflé des mots piégés. À l ' entendre scan der : « Ne pas oublier ! Ne pas oublier ! », le dieu de l ' ironie pensait à Louis XVI, roi si amoureux de sa Marine qu ' après avoir quitté Versailles il l ' avait installée, en décembre 1789, tout près de son palais, dans le prestigieux hôtel construit par Gabriel et par Soufflet, à quelques pas de la ter rasse des Tuileries. Et dire que notre président, chef des Armées, séduit par les démons de la ren tabilité, s ' était laissé entraîner volens nolem vers un projet de bourgeois balzacien, tenté par la spé culation immobilière !
 
19 ooo m2 place de la Concorde, 553 pièces, admi rablement situé au cœur de Paris, sur une place où se sont tissés plus de deux siècles de notre his toire, vue imprenable : pour être plus explicite, la « petite annonce » devrait mentionner que les centaines de pièces sont dénombrées grâce au découpage des locaux d ' origine en cellules exi guës, tout aussi « historiques » que les somp tueux salons (comme la chambre des frotteurs).
 
Le palais, de plus en plus déstructuré, est cepen dant resté, du xvme siècle à nos jours, un foyer d ' activités de l ' intelligence nationale et d ' initiatives mémorables. Pour une bonne affaire (on espérait en tirer entre 400 et 500 millions d ' euros), c ' en serait une. À tous les coups plus lucrative que la vente de l ' Imprimerie nationale, suivie d ' un rachat calamiteux, ou que la liquidation des hôtels Kinsky, de Fleury, de Montesquieu, de Croisilles et de Vigny. Rappelons à nos amis que ces deux der niers édifices, étourdiment affectés à la direction du Patrimoine en 1965 et 1982 pour abriter la bibliothèque de l ' Architecture et du Patrimoine, ont vu leurs collections aliénées à Charenton. Difficile de faire mieux dans le symbole.
 
On rase...
hm 012Le danger qui pèse sur l ' avenir de l ' hôtel de la Marine découle, comme chacun sait, d ' un grand projet présidentiel. Au début de l ' année 2008, le ministère de la Défense annonçait le regroupe ment des états-majors des trois corps d ' armée (Terre, Air, Mer), soit quelque 10 ooo personnes, dans un « Pentagone à la française ». En 2014, le chef d ' état-major et le millier de marins qui occu pent l ' hôtel de la place de la Concorde sont donc priés de lever l ' ancre pour atterrir dans le XVarrondissement, sur le site Balard, où les plus grands hydrauliciens français ont conçu les coques des meilleurs navires, au « bassin d ' essai des Carènes », œuvre exceptionnelle des frères Perret, promise à la destruction en raison de sa prétendue « vétusté » (???). L ' opération devrait coûter 600 millions d ' euros, dont 30 millions consacrés à la démolition. Sachant que le ministre de la Défense, Hervé Morin, présente l ' opération comme un « geste architectural majeur, digne du xxiesiècle et de la quatrième puissance militaire de la planète », Momus l ' ins crit d ' office sur la liste des candidats au GAGA d ' or (geste architectural de grande ampleur).
 
Le 6 janvier, le Conseil de Paris montait sur ses grands chevaux. Bertrand Delanoë demandait à l ' État de réfléchir à l ' inscription du bassin de gira-tion au titre des Monuments historiques et de mener une réflexion sur les autres bâtiments dignes d ' être conservés : sa lettre reste sans réponse. La presse entière tonitrue, La Tribune de l'art par quatre fois, Le Figaro, Libération, Le Monde ainsi que ejoumal des Arts1Les associa tions montrent les dents2. Les blogs s ' échauffent et crient au scandale : « Un Pentagone à Balard, voilà qui fait moderne ! Gageons que la langue de travail sera bientôt l ' anglais3. » Pierre Assouline crie son indignation sous le titre « Patrimoine, la grande braderie » 4. « Vendre l ' hôtel ou le céder pour une longue durée, serait comme vendre une partie du Louvre : c ' est inconcevable ! », s ' écrie un inspecteur général honoraire des Monuments historiques. Inconcevable? Conseillons à ce citoyen vertueux de se remémorer l ' exposition de la Cité de Chaillot « Le Grand Pari(s) », et d ' y consulter le projet du « Grand Grand Louvre ». Une vaste galerie commercial e serait creusée sous le palais. La même insanité avait été prévue sous la place de la Concorde par « Actions Mécénat », à qui Bouygues avait fourni l ' étude de faisabilité5. Dernière (grande) roue du carrosse, la rue de Valois, où les frères Perret sont déjà passés par profits et pertes, est frappée d ' amnésie, après avoir proclamé bannière au vent la nécessité de sauvegarder le patrimoine du xxesiècle.
 
Pour en revenir à la place de la Concorde, le ministère de la Culture fait le gros dos. À la demande présentée par un parlementaire à Christine Albanel pour associer les Amis de l ' hô tel de la Marine (ÂHM) à la réflexion sur l ' avenir de ce monument historique, l ' ancienne ministre donne un faux-semblant de réponse. Tout au plus applaudit-elle à la restauration des trois ou quatre salles (le salon des Amiraux, le salon d ' Honneur et les galeries qui les jouxtent) et du ravalement de la façade, entièrement financée par le mécénat de Bouygues, géant du BIP, sous la houlette de l ' ACMH Etienne Poncelet. Encore que les travaux entrepris, d ' une qualité irréprochable, ne repré sentent qu ' une infime partie de l ' immeuble (335 m2 sur 19 oo° m2) ' masquant ainsi la lourde tâche qui reste à effectuer.
 
On loue...
 
hm 015Face à la levée de boucliers contre l ' exploitation marchande d ' un bâtiment « construit par et pour l ' État », il n ' est plus question de vente. Ébranlé par la polémique, interrogé par Françoise de Panafieu, Hervé Morin répond dans leJ.O. qu ' il convient « de l ' intérêt historique et architectural unique » de l ' hôtel de la Marine. Qu ' à cela ne tienne ! À défaut de le vendre, on louera l ' immeuble « à des entreprises ou à des personnes privées » en lan çant « un appel à projets qui respectera nécessai­rement les protections patrimoniales6 ». Il s ' agira d ' un bail emphytéotique (99 ans), avance Éric Woerth, ministre du Budget. Or la location à un repreneur privé est aussi inacceptable qu ' une vente. Que « cette maison de famille, seul de nos palais occupé sans discontinuité depuis plus de deux siècles et dont on n ' a jamais rien vendu » ( Olivier de Rohan ) soit détournée de sa vocation, que l ' on introduise sur le marché le fleuron patri monial de la place de la Concorde, en d ' autres temps, c ' eût été une révolution et, hop, la guillo tine ! Vouloir créer un « musée de l ' Histoire de France », et profaner dans le même temps son temple, c ' est défier les lois de la raison, sauf à y loger ledit musée, solution qui permettrait le maintien in situ du prestigieux mobilier de la marine (voir page suivante).
 
Hervé Morin avait promis des « projets extrê mement ambitieux et culturels », et affirmé, croyant nous rassurer (!) qu ' il n ' était pas question de « désosser l ' hôtel de la Marine ». Le discours géné ral est à la rentabilisation des monuments, trop lourds à entretenir, et à l ' accessibilité du public à des lieux fermés sur eux-mêmes, isolés dans l ' espace de la ville, de façon à en faire des pôles d ' attractivité. Pourquoi pas, à condition que les travaux prévus ne déshonorent pas les monu ments qu ' ils souhaitent « valoriser » ? C ' est le cas d ' un autre bâtiment majeur, la Monnaie de Paris, qui sera toilettée par l ' architecte Philippe Prost, dont le projet a été présenté au public fin 2008 pour une ouverture prévue en 2011.
 
Il en va différemment pour l ' hôtel de la Marine, dont les résultats du concours sont encore dans les limbes et dont le coût des travaux sera sup porté par un privé (à l ' inverse de la Monnaie de Paris qui finance elle-même sa restauration). Renaud Donnedieu de Vabres, ancien ministre aujourd ' hui dans la sphère du privé, probable­ment inspiré par Georges Tron -député UMPde l ' Essonne et auteur d ' un rapport d ' information.
 
Voir www.momus.fr 
 

 

 

Les richesses de l’Hôtel de la Marine
 
hm_016.jpgCréé par les meilleurs architectes et décorateurs du siècle de Louis XV, face à l’une des plus prestigieuses places de Paris, cet imposant hôtel constitue, depuis son ouverture au public en 1775, un véritable emblème national. Depuis la visite que Joseph II, empereur germanique et beau-frère de Louis XVI, y fit le 2 mai 1777, jusqu’à la grande exposition commémorant le Bicentenaire de la Révolution, il n’a cessé d’être au cœur des évènements de notre pays, comme l’ont rappelé - et même révélé – à cette occasion de nombreuses pages d’histoire. De la fin du XVIIIe siècle à la première partie du XXe, l’administration centrale de la Marine y était en effet plus civile que militaire. Aussi ne doit-on pas s’étonner que dans ses murs ait été élaborée l’abolition de l’esclavage par le ministre François Arago – grand savant et grand humaniste – et par le secrétaire d’Etat Victor Schoelcher. On remplirait des volumes du récit des grands évènements qui, pendant plus de deux siècles, ont donné âme à l’Hôtel de la Marine.
 
Quel que soit le type d’aliénation du monument auquel songent les services financiers de l’Etat, un abandon par la puissance publique serait incontestablement perçu comme une forme de mépris de notre histoire. Par ailleurs, au moment où les urbanistes déplorent que l’habitat contemporain ne facilite pas la mixité sociale, il n’est pas inutile de rappeler que ce vaste édifice offre un témoignage unique de réunion sous le même toit – dès le temps de Louis XV – de logements destinés à des individus de classes sociales très diverses.
 
Les appartements du piano nobile, au-dessus de l’entresol, sont bien connus pour la qualité et la somptuosité de leur décor, remontant à la fin de l’Ancien Régime. L’ancien salon de compagnie de Lemoine de Crécy, garde général du Garde-Meuble de la Couronne, est devenu en 1789 bureau du ministre de la Marine, et en août 1792 celui de Gaspard Monge. Bien que divisé en trois, il a conservé l’essentiel de ses décors d’origine, en particulier ses dessus-de-porte de Jean-Baptiste Pierre, premier peintre du Roi, et sa belle cheminée en brèche de Sienne, surmontée de son trumeau. Quant à la salle à manger où, en 1792 et 1793, se réunit occasionnellement le gouvernement de la Première République, elle servit sous le Premier Empire aux réunions du Conseil de la Marine. Séparée en deux bureaux et un passage obscur, elle a également conservé sa cheminée, ses huisseries et ses lambris d’appui. Son mobilier, dû à Jacob, se limitait à une chaise branlante et à des fragments altérés et détachés. Il a été reconstitué en 1979 pour meubler la partie de l’ancienne Grande Galerie dont Napoléon III et la Troisième République avaient fait deux salons, récemment restaurés grâce au mécénat de l’entreprise Bouygues. Des cloisonnements ont, là aussi, modifié le volume des salles, mais l’une d’entre elles – donnant sur la rue Royale – a conservé ses huisseries, ses peintures de l’école d’Oudry et une partie de ses lambris.
 
Voilà ce que l’on connaît généralement de l’Hôtel de la Marine et qui, non seulement mérite de subsister, mais devrait faire l’objet d’une restauration attentive. Il conviendrait cependant d’étendre ces travaux à des appartements moins prestigieux, mais évocateurs du travail des employés de l’Administration publique. Le bureau de Guy de Maupassant, restauré dans les années 1980, pourrait-il ainsi s’intégrer de façon cohérente à une série d’intérieurs caractéristiques de la vie des fonctionnaires de la Marine. On évoquerait à cette occasion de nombreux autres hommes de culture tels que Prosper Mérimée ou l’éditeur Hetzel – bien connu pour ses liens avec Jules Verne et avec Victor Hugo – sans oublier les savants, membres de l’institut de France, et les artistes tels que Louis-Philippe Crépin, peintre de la Marine, qui y eut son atelier.
 
Situé au deuxième étage, dans un secteur totalement méconnu des visiteurs privilégiés, l’appartement du baron de Pont-l’Abbé, lieutenant-colonel de la garde constitutionnelle de Louis XVI, recèle un précieux salon, restauré en 1980 dans son état exact de 1788, tant dans son ameublement que dans ses soieries, moquettes et velours spécialement retissés pour l’occasion. Il faut regretter que ces travaux n’aient pas été poursuivis dans les autres pièces de l’appartement, bien que le projet en ait été présenté par MM. Collette, Architecte en chef des Monuments historiques, et Prévost-Marcilhacy, Inspecteur général, alors chargés de l’édifice. On doit d’autant plus le regretter que certains indices tendraient à y voir le lieu de réunion d’une loge maçonnique, antérieur aux aménagements des 1789. La famille de Louis XV vint aussi à diverses occasions dans cet appartement dans lequel – chose étonnante - se trouvait comme enclavé celui d’un modeste secrétaire du Garde-Meuble. A cette époque coexistaient en effet dans l’édifice d’assez nombreux logements populaires, tant à l’entresol qu’au troisième étage ou dans le bâtiment arrière, donnant sur la cour des ateliers, voisinant avec des espaces dont la qualité du décor était comparable à celle des petits appartements de Versailles !
 
hm_018.jpgCe simple aperçu suffit à montrer que les salons dorés qui donnent sur la majestueuse colonnade et la place de la Concorde ne sont pas, tant s’en faut, les seules salles historiques de l’Hôtel de la Marine. Pour être complet, il faut aussi mentionner le boudoir où fut signé le procès-verbal de l’exécution de la reine Marie-Antoinette, également restauré par l’Etat, et la chambre dite de Marie-Antoinette dont le décor de 1770 a été légèrement retouché vers 1817 pour la duchesse d’Angoulême, fille de Louis XVI et belle-fille de Charles X. Restaurée avec le plus grand soin au début des années 1990, cette dernière pièce a été en partie remeublée grâce au concours de l’Association des Amis de l’Hôtel de la Marine. On ne saurait oublier enfin le cabinet des glaces, bijou de l’art décoratif français, qui a fait, lui aussi, l’objet d’une parfaite restauration.
 
L’Hôtel de la Marine représente enfin un témoin essentiel dans l’évolution de l’architecture française au Siècle des Lumières, à propos duquel se sont affrontés esthètes, architectes et urbanistes, mais aussi courtisans de la puissance publique, tenants de la puissance municipale, sans compter les spéculateurs et promoteurs immobiliers, de même que les hauts commis de l’Etat attentifs à limiter la dépense publique. Ne se trouvait-on pas alors au temps des Encyclopédistes ?
 
Louis XV eut à imposer ses vues dans un univers d’intrigues presque inextricables. Il eut une peine infinie à faire prévaloir la thèse selon laquelle la ville ne devait plus rester figée dans les conceptions remontant au Grand Siècle. Le grand Jacques-Ange Gabriel, son Premier Architecte, dut lui aussi s’adapter à ces principes nouveaux. On doit reconnaître qu’en dépit des altérations subies depuis sa création, la Place de la Concorde exprime, entre les Tuileries et les Champs-Elysées, entre la Seine et le pied de la colline de Montmartre, une conception renouvelée de la ville. Il ne s’agit plus de zones réservées, faites de ruelles et de jardins privés, de cloîtres et de places de village, mais de secteurs aérés, ouverts à la circulation et à l’expansion.   
 
 
Jean Ducros, Secrétaire général de l’Association des Amis de l’Hôtel de la Marine
 

 

 

 

N'oubliez pas de visiter cet excellent site pour plus de détails.

 

                                                                            ***                              

Par VINCENT NOCE Journaliste à «Libération»,

 

 Les nouvelles les plus alarmantes ont repris sur l’Hôtel de la marine, somptueux immeuble place de la Concorde qu’Hervé Morin cherche par tous les moyens à céder à un investisseur, Alexandre Allard, pour le transformer en palace. L’état-major doit vider les lieux en 2014. Ayant embauché un ex-ministre de la Culture, ami de Morin, Donnedieu de Vabres, Allard a déjà mis la main sur le Royal-Monceau, où il s’est illustré en organisant en préalable à la destruction de l’intérieur de l’hôtel une demolition party au cours de laquelle un millier de personnalités étaient invitées à tout casser dans les étages. Au moment où il entend redonner ses lettres de noblesse à l’identité nationale, le gouvernement ne pouvait trouver meilleur partenaire pour lui confier les clés d’un bâtiment constitutif de l’histoire de la nation !

 

hm_001.jpg   La vente de l’Hôtel de la marine ayant été exclue, Morin voudrait le céder pour un bail emphytéotique (de 18 ans à 99 ans). Quitte à modifier la loi sur l’urbanisme, à la demande de l’investisseur, pour lui permettre de défiscaliser son bénéfice, et de faire garantir son emprunt bancaire par l’Etat. «Entre caprice et désinvolture», écrit l’historien de l’architecture Alexandre Gady (1), le patrimoine est «devenu une variable d’ajustement budgétaire». L’Etat a vendu une dizaine d’hôtels particuliers dans les quartiers anciens de Paris, dont celui du prince Roland Bonaparte, avenue d’Iéna, où s’ouvre d’ici à la fin de l’année un autre hôtel de luxe, le Shangri-La. On parle d’installer des paradoresdans des monastères ou châteaux, comme en Espagne.

 

Ces initiatives ne sont pas scandaleuses, tant que le patrimoine est sauvegardé. L’Etat ne peut tout prendre en charge. Tout n’est pas muséifiable. Mais l’Hôtel de la marine ne constitue pas un patrimoine comme un autre. Il a toujours eu une fonction régalienne. Une pétition a ainsi recueilli plus de 1 500 signatures, demandant à «préserver son intégrité» en le gardant «au service de la nation». Comptant 553 pièces, sur près de 25 000 mètres carrés, ce palais est le pendant de l’hôtel de Crillon, rue Royale. Il avait été commandé par Louis XV à son architecte Ange-Jacques Gabriel pour accueillir les collections de la couronne. Bien avant le Louvre, il fut le premier musée parisien : des galeries étaient aménagées à la visite dès son ouverture, en 1774. La guillotine a tranché force têtes, dont celle de Louis XVI et de Marie-Antoinette, devant ses fenêtres. En 1836, Louis-Philippe assista du balcon à l’érection de l’obélisque. En 1848, l’acte d’abolition de l’esclavage fut signé dans ses murs.

 

«Il est tout entier et authentiquement l’histoire», écrit encore Gady. Il a conservé ses peintures, gravures et meubles depuis l’Ancien Régime, ainsi que le décor de ses galeries et salons, qui viennent d’être restaurés grâce à un mécénat de Bouygues, sous l’égide du ministère de la Culture. Même si Frédéric Mitterrand n’est sans doute pas très favorable à sa transformation en gîte pour milliardaires, il pointe une difficulté : qu’en faire ?

 

Or, un autre débat s’annonce sur le champ culturel, qui risque de perturber un autre projet présidentiel. Le ministre de la Culture envisagerait un chantier de prestige pour le musée de l’Histoire de France cher à Sarkozy. Le projet est porté par Jean-François Hébert, qui a su apaiser la communauté intellectuelle. Mais, à grand projet présidentiel,Mitterrand voudrait une grande installation. Il songe à l’île Séguin, dont l’aménagement est confié à Jean Nouvel (oui, le même qui a ruiné la muséographie du Quai-Branly), décidément grand maître de l’architecture officielle. Comment, dans un pays aussi centralisé, justifier un musée de l’Histoire à l’écart de la capitale, sans tenir compte des difficultés posées par ce site excentré et mal desservi ? Si l’on sort des calculs, de personnes et d’intérêts, la vérité est que l’Hôtel de la marine aurait toute la capacité et la légitimité historique pour l’accueillir. Sans compter que, en termes d’images, la multiplication des grands projets semble difficilement défendable, à l’heure des restrictions budgétaires. L’Hôtel de la marine peut constituer une première réponse à ce dilemme, qui, s’il n’y prend garde, pourrait placer le gouvernement dans une position difficilement tenable.

 

(1) Cf. le Mensuel «L’Estampille, l’objet d’art», de décembre 2009.

 

Nous reproduisons ici l'article précédent, concernant l'Hôtel de la Marine, pour la qualité de son information sur ce point précis et uniquement celui-ci

 

On Avait déjà sonné le tocsin !

 

Adrien Goetz : "Il faut aussi soigner l'âme, l'architecture intérieure"

 

 

En France, la préservation du patrimoine ne semblait pas être un sujet de débat ou de polémiques. N'est-elle pas en train d'en devenir un ?

 

Adrien Goetz : Dans la dernière loi de finances, on a vu arriver, caché, un article prévoyant que les monuments appartenant à l'Etat puissent être transférés aux collectivités territoriales et qu'ensuite l'Etat exercerait un contrôle sur ces biens patrimoniaux pendant seulement vingt ans. Après quoi les collectivités deviendraient libres d'en faire ce qu'elles veulent, pourquoi pas de les vendre. Cette disposition a été annulée par le Conseil constitutionnel. Un groupe de députés de la majorité vient, derechef, de formuler une proposition de loi en ce sens. C'est grave. C'est la première atteinte portée à l'inaliénabilité du patrimoine français. On commence avec les monuments, on continuera avec les musées. Le système est astucieux. L'Etat ne se désengagerait pas immédiatement, c'est une braderie lente. Que les collectivités gèrent des monuments, cela n'a rien de scandaleux, encore faut-il qu'elles en aient les moyens. Dans le système actuel, les monuments rentables et ceux qui ne le sont pas s'équilibrent. Là, on ouvre la porte à une sorte de "patrimoine business".
 

Il y a pourtant déjà des monuments gérés par des collectivités.

 

En y regardant de près, on peut justement concevoir des inquiétudes pour l'avenir, si cette proposition de loi est acceptée. Prenons l'exemple de la Maison carrée de Nîmes, gérée par la municipalité. Elle a été transformée, avec l'aide d'une société privée, en un cinéma en 3D qui raconte la vie des grands hommes de la ville, dans un petit film d'une demi-heure. Ce bâtiment est un chef-d'oeuvre insigne, le seul temple antique ayant conservé sa couverture, avec le Panthéon de Rome, un vestige qui appartient au patrimoine universel. Il est désormais dédié à la promotion de Nîmes. Voilà ce qu'on fait, par souci de rentabilité, au lieu d'expliquer aux visiteurs l'architecture romaine. Aujourd'hui, l'intérieur de la Maison carrée, coffré en toile rouge, ressemble à un cinéma de quartier.

 

Comment s'y opposer ? Le livre que vous avez dirigé, "100 monuments, 100 écrivains, histoires de France" (Ed. du patrimoine, 488 p., 850 illustrations, 80 euros) était-il un geste en ce sens ?

 

Le hasard a fait qu'au moment où cet article était introduit dans la loi de finances, j'avais proposé à cent écrivains de divers horizons et générations de défendre cent monuments français, ceux dont s'occupe le Centre des monuments nationaux. J'ai été étonné devant le nombre de réponses enthousiastes. J'aurais pu faire deux volumes au lieu d'un. Nos monuments sont l'identité de la France, au sens de Fernand Braudel, au vrai sens de l'expression. Et les écrivains d'aujourd'hui, les jeunes, sont prêts à reprendre les combats des écrivains français de l'époque romantique, de Victor Hugo, de Charles Nodier, de Prosper Mérimée... Ces monuments, dans toutes les régions, sont la meilleure manière d'accéder à l'art, de faire découvrir l'architecture, la peinture, la sculpture, les jardins. C'est une magnifique porte d'entrée à la culture, ce qui, évidemment, n'est pas nécessairement rentable. Je déteste entendre dire, de manière négative : "Cela va devenir un musée." Les musées et les monuments sont les lieux les plus vivants qui soient pour l'imaginaire.

(...)

 (Source : Le Monde 17 avril 2010)

 

 

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Published by Françoise Buy Rebaud - dans Chefs-d'œuvre en péril
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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 02:22

hotel_marine.jpg

 

Il est de nouveau question de l'Hôtel de la Marine
 
Nos lecteurs se souviennent de l'émotion soulevée lorsqu'il fut question de vendre le prestigieux Hôtel de la Marine à un promoteur immobilier .
Ce conflit  serait il près s'éteindre , et ce témoin de notre Histoire connaitra t il un destin digne son passé ?
Nous attendrons encore avant de nous prononcer sur les décisions annoncées , mais un rappel s'impose .
Retrouvez l'Hôtel de la Marine dans nos précédents articles .
 
FBR Octobre 2014

 

[Signer la pétition des Amis de l'Hôtel de la Marine

 

En quête d'économies, des hauts fonctionnaires français ont jugé qu'il n'y avait rien de plus urgent que de louer le prestigieux Hôtel de la Marine à un investisseur privé. Cette démarche inédite fait craindre que l'État ne se détourne de la protection du patrimoine et brade ses monuments.

Historiens et amoureux de l'identité nationale se mobilisent pour que les représentants des pouvoirs publics retrouvent la voie de la raison. Le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand lui-même exprime son trouble...

Le gouvernement français ayant décidé de réunir les états-majors militaires sur un même site, au sud de Paris, celui de la Marine doit quitter après 2014 le prestigieux Hôtel qu'il occupe depuis plus de deux siècles sur la place de la Concorde (500 pièces, 24.000 m2).

Dans la panique qui a suivi la crise des«subprimes» de 2008, certains gestionnaires des finances publiques ont vu l'occasion de réaliser une petite économie de quelques millions d'euros par an en concédant à un investisseur privé l'exploitation de ce monument.

Pour légaliser cette entorse aux règles qui régissent la protection des monuments historiques nationaux, le Parlement a voté le 20 juillet 2010 une loi qui autorise la location de tels monuments par bail emphytéotique (longue durée).

Un investisseur, Alexandre Allard, s'est mis sur les rangs pour reprendre l'Hôtel de la Marine avec un bail de 60 à 80 ans. Il se propose de le transformer en palace international. S'il est agréé, il donnera à l'État 300 millions d'euros (l'équivalent de ce qu'a reçu l'affairiste Bernard Tapie).

Alexandre Allard (42 ans) a fait fortune dans l'informatique puis s'est lancé dans l'aménagement de centres commerciaux haut de gamme, de Pékin à Sao Paolo. À Paris, il a déjà repris et rénové l'hôtel Royal Monceau.

Pour l'avancement de son dossier concernant l'Hôtel de la Marine, il s'est offert les services de l'architecte Jean Nouvel et de Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la Culture et de la Communication en 2004-2007, sous la présidence de Jacques Chirac.

Montée de l'indignation

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Conduite à marche forcée dans le secret des ministères, la cession à bail de l'hôtel de la Marine aurait pu passer inaperçue sans la mobilisation des Amis de l'Hôtel de la Marine. L'association a lancé une pétition qui a déjà recueilli plusieurs milliers de signatures.

Le magazine culture La Tribune de l'Art s'est également mobilisé et, en guise de provocation, son directeur Didier Rykner s'est porté candidat au rachat du monument pour l'euro symbolique.

Des historiens et pas des moindres (Régis Debray, Alain Decaux, Jean-Noël Jeanneney, Jacques Le Goff, Pierre Nora, Mona Ozouf et Michel Winock) se sont à leur tour mobilisés et ont publié un vigoureux appel : Sauvons l'hôtel de la Marine à Paris ! (Le Monde, 10 janvier 2011) avec cette formule : «La France ne perd pas sa mémoire, elle la vend». Le ministre de la Culture n'y est pas resté insensible et a fait part de son trouble lors de sa conférence de presse du 13 janvier par laquelle il a annoncé l'installation du comité d'orientation de la Maison de l'Histoire de France, sous la présidence de l'historien Jean-Pierre Rioux.

Un précédent dangereux

 

 

Il est vrai que cette affaire fait désordre. On ne peut d'un côté discourir sur l'identité nationale et promettre à grands frais l'ouverture d'une Maison de l'Histoire de France, de l'autre, entamer la braderie du patrimoine légué par les siècles sous prétexte d'économies budgétaires.

Olivier de Rohan-Chabot, président des Amis de l'Hôtel de la Marine, a résumé pour nous les enjeux de l'Hôtel de la Marine :

- Un symbole de la Nation et de l'État :

 

 

L'Hôtel de la Marine figure très officiellement parmi les lieux insignes de la représentation de la Nation et de l'État avec le Panthéon, les Invalides, le Palais du Luxembourg, l'Arc de Triomphe, le château de Versailles, l'Hôtel Matignon et le Palais de l'Élysée.

Se pourrait-il que flotte au-dessus de sa colonnade non plus le pavillon tricolore mais le logo d'une quelconque chaîne hôtelière ?

- Un ensemble patrimonial rarissime :

 

 

L'hôtel est méconnu parce qu'il a été jusqu'ici très peu ouvert au grand public du fait de la présence de l'état-major de la marine mais sa richesse patrimoniale n'en est pas moins immense. «Elle tient à l'architecture classique de Gabriel mais aussi à son mobilier, tout entier d'origine. L'hôtel constitue à ce titre un ensemble représentatif du XVIIIe siècle français d'une authenticité rarissime», observe Olivier de Rohan-Chabot. On imagine mal que ce mobilier soit mis à la disposition des clients d'un palace et s'en sorte sans dommages.

- Un précédent dangereux :

 

 

Olivier de Rohan-Chabot souligne que la location de l'Hôtel de la Marine a été décidée sans débattre d'aucune solution alternative.

Celles-ci ne manquent pas, qui pourraient compenser le coût d'entretien du site et permettre une ouverture au grand public :
- exposition publique des pièces précieuses en dépôt dans les caves du Cabinet des Médailles ou des Gobelins, 
- création d'un musée du XVIIIe siècle, 
- ouverture d'un lieu de réunion prestigieux pour les conférences d'État et les grands congrès internationaux.

«Mais le plus inquiétant est que l'argument destiné à justifier la location de l'Hôtel de la Marine pourra l'être aussi pour tout autre site patrimonial, y compris, pourquoi pas ? Chambord, Fontainebleau ou Versailles», souligne Olivier de Rohan-Chabot.

Avec un raisonnement strictement comptable, on peut en effet considérer que ces monuments coûtent cher à l'État en entretien, ce qui est indéniable, et mettre en avant l'idée de les louer comme l'Hôtel de la Marine.

Cette vision à courte vue fait fi de tout ce que rapportent ces monuments en recettes touristiques et, de façon plus informelle, en cohésion nationale. Or, c'est bien cette cohésion qui fait de la France un grand pays au lieu d'une simple addition d'égoïsmes.

(Source : Herodote.net)

André Larané.

[Signer la pétition des Amis de l'Hôtel de la Marine



[La Tribune de l'Art se mobilise]  

 

Voir notre article précédent sur le sujet : L'Hôtel de la Marine : De l’importance et du destin d’un emblème national menacé

 


Eric Zemmour : Agitation en coulisses à l'Hôtel de la Mari
envoyé par rtl-fr. - L'actualité du moment en vidéo.

****      

 

 

l'Etat vient d' acheter le siège du journal communiste l'Humanité, à Saint-Denis, pour 12 millions d'euros ce qui fait dire au directeur du journal, Patrick Le Hyaric : " Cette vente met l’Humanité et l’Humanité Dimanche dans une sécurité juridique et économique relative, puisque nous allons pouvoir rembourser la quasi-totalité de nos dettes. La société devrait être sécurisée pendant quelque temps, deux à trois ans, à condition que rien ne se dégrade. "

 

Et un journaliste d'ajouter : " C’est un cadeau de Noël auquel on ne croyait plus."

 

(Source : Le Parisien)

 

 

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30 septembre 2014 2 30 /09 /septembre /2014 02:36
Il est de nouveau question de l'Hôtel de la Marine
 
Nos lecteurs se souviennent de l'émotion soulevée lorsqu'il fut question de vendre le prestigieux Hôtel de la Marine à un promoteur immobilier .
Ce conflit  serait il près s'éteindre , et ce témoin de notre Histoire connaitra t il un destin digne son passé ?
Nous attendrons encore avant de nous prononcer sur les décisions annoncées , mais un rappel s'impose .
Retrouvez l'Hôtel de la Marine dans nos précédents articles .
 
FBR Octobre 2014

 

france022.jpgUne exposition sur le Paquebot " France "est organisée au Musée national de la Marine, jusqu'au 23octobre.
 
 
Le triste destin de ce fleuron national serait il prémonitoire de celui de notre prestigieux Monument historique , Hôtel dela Marine de la place de la Concorde  ? Les organisateurs de l'exposition ont ils choisi ce lieu comme exorcisme ?
 
 
Nous avons tous en mémoire la tristesse  éprouvée en 1965 quand son  pavillon fut ramené ,l'humiliation de  voir flotter  sous  d'autres couleurs, apres neuf ans d'absence ,  notre "France "  , et surtout la honte de le voir à la ferraille dans un chantier indien .
 
 
Ce paquebot était l'emblème sur l'Ocean d'un art de vivre à la Française , de décors raffinés, de beaux objets  devenus marchandise appréciée des antiquaires , de notre gastronomie , le conservatoire de certaines traditions .
 
Or , des chateaux ,des demeures ,  des vignobles de prestige sont aujourd'hui vendus comme le "France" au plus offrant , bientôt des monuments comme  l'Hôtel de la Marine ?
 
paquebot
 
 
Nous vous en  avons déja longuement parlé , et vous pouvez toujours  en admirer l'intérieur en consultant les vidéos de notre dossier .
 
Et  la polémique  soulevée par le sort qu'on lui réserve  est loin de s'éteindre .
 
 
En novembre 2010, l'Etat avait  décidé de confier le bâtiment à un opérateur privé pour réalisation d'unhotel-marine-03.jpg programme de travaux , avec bail d'exploitation d'une durée de 60 , 70 ou 80 ans . En échange , le preneur devrait  payer une redevance fixe  de  300 millions € à signature du contrat, et une redevance variable assise sur le chiffre d'affaires . Alexandre Allard serait favori ,  parrainé par  R.Donnedieu de Vabres ,  un temps ministre de la Culture, mot dont il a dit qu'il regrettait  de ne pas le trouver plus souvent  dans le  discours des hommes politiques ...
 
 
Ce projet  : espace  affecté à des manifestations culturelles ( mais lesquelles ? ) , des studios d'enregistrement , un hôtel cinq étoiles ,  un restaurant , une piscine , a provoqué une telle levée de boucliers , que le gouvernement a décidé de placer Valéry Giscard d'Estaing , signataire parmi  les quelques dix mille autres de la pétition de défense ,  à la tête d'un comité de réflexion .
 
D'autres projets , les uns farfelus (Une Maison Europe Chine , à l'art et la culture de laquelle on se demande comment on adapterait les locaux ), d'autres  contestables ( un musée de la colonisation , ou du colonialisme , étape supplémentaire sur les chemins de la repentance ) , celui de Jean Robert Pitte  pour une Cité de la Gastronomie , sont avancés ;  la liste devrait s'allonger  avant le départ de l'Etat Major de la Marine en 2014 .
 
 
Pour notre part , nous laissons la parole à Jean Ducros , secrétaire général de l'Association "Les Amis de l'Hôtel de la Marine " , dont le Président est O.de Rohan Chabot.
 
FBR
 
hotel-marine-04.jpg" Il est bien dommage que cet extraordinaire édifice ne soit pas mieux connu et que chaque régime politique se soit efforcé d'effacer - sans y parvenir tout-à-fait, heureusement ! - ce qui témoignait des régimes précédents. ....
 
  On trouve quelque plaisir anecdotique à évoquer le vol d'une partie des bijoux de la Couronne (le fait divers est évidemment excitant pour les amateurs d'aventures policières), alors que la pièce où cela s'est produit n'a presque plus rien de ce qu'elle était au temps de l'événement.

  En revanche, le lieu où fut rédigé et signé le procès-verbal de la mort de Louis XVI est presque intact.

  Les salles où Gaspard Monge exerça la fonction de ministre de la Marine et des Colonies, dès le 11 août 1792, pourraient facilement être restaurées. Ce ne permettrait pas seulement d'évoquer cette importante figure de notre histoire scientifique, politique et d'action efficace pour la défense nationale, mais permettrait - ce ne serait pas la moindre chose - de montrer au public le cadre de certaines scènes mémorables. Ainsi, est-ce là qu'au début de septembre 1792, se réunit le Comité exécutif provisoire (le Gouvernement établi par l'Assemblée Législative ) lorsque Verdun fut investi par les armées étrangères, aux heures où de terribles massacres ensanglantaient Paris.
 

  Dans ce même mois de septembre, une quinzaine de jours plus tard, lors de l'institution de la Ière République, Monge avait la présidence du Comité exécutif provisoire et c'est lui, à ce titre, qui a prononcé le 21 septembre 1792 - au cours de la première séance de la Convention - le discours qui allait décider le lendemain de la proclamation de la République. Sans doute est-ce à l'hôtel de la Marine, dans son cabinet de travail, qu'il l'avait préparé.
 

  Ne trouvez-vous pas qu'il est surprenant que l'on ne se soit jamais avisé d'ouvrir ces lieux à la méditation des visiteurs ?.....
 

  Je pourrais signaler d'autres " incongruités " et d'autres raisons de profiter du départ de l'État-Major pour rendre à l'hôtel de la Marine son rang de haut-lieu de l'Histoire de France."

Jean DUCROS
 
 
C'est aussi une part du patrimoine culturel ,du savoir faire français - décoration, luxe.. art de vivre... 
 
FBR
 
Il y a 51 ans... Le France
 
 
crédits : MUSEE DE LA MARINE
 
 
01/03/2011
 
Le paquebot France à lui seul pourrait mériter son musée... A défaut, le Musée national de la Marine, installé au palais de Chaillot à Paris, a eu l'excellente idée de rendre hommage au plus controversé des transatlantiques français. Celui qui, probablement, a fait couler le plus d'encre. C'est la première partie de sa vie, la plus courte, sur laquelle le Musée de la Marine a décidé consacre son exposition. L'entrée dans le musée commence par la découverte d'une grande lettre F posée dans le hall entre deux maquettes géantes de galions... Au fur et à mesure de l'avancée, apparaissent le R, le A, le N, le C et pour finir, à l'entrée de l'expo dédiée à l'ex-fleuron de la marine française, un E de 2 mètres 50, à même échelle que les cinq autres. Ces six lettres, qui trônaient fièrement entre les deux cheminées, sur le pont soleil du plus grand paquebot du monde, jusqu'à un jour d'août 1979, posent le décor. Empruntes de l'histoire du transatlantique, elles ouvrent le chemin du visiteur qui s'apprête désormais à descendre les marche de l'escalier, rappelant curieusement la grande descente des salles de restaurant des grands navires d'autrefois. 


Le France à New York (© : MUSEE DE LA MARINE) 


L'Expo France (© : MUSEE DE LA MARINE) 

Quand soudain, au pied des marches, une immense photo du navire avec, posé à terre, des bagages d'époque ; des bagages d'une autre époque ; vous indique que désormais, vous embarquez : « Bienvenue à bord de France » comme le disait autrefois la publicité. On commence par la construction bien entendu, les images sont épatantes, beaucoup de photos inédites, on dirait que la photothèque des chantiers de Saint-Nazaire y est passée. L'exposition explique aux adultes comment était construit le navire, d'où venaient les matériaux (de France bien entendu, le gouvernement ayant exigé que tous les matériaux soient français). Le jeune public n'est pas en reste. La signalétique bleue offrant un jeu-découverte aux enfants, avec il faut l'avouer, des questions pointues sur la construction du navire.... 


L'Expo France (© : MUSEE DE LA MARINE) 


L'Expo France (© : MUSEE DE LA MARINE) 

Dans cette partie construction, on voit des morceaux de la tôle et un hublot, provenant du navire et rappelant son funeste sort, puisqu'il termina sous les chalumeaux des ferrailleurs indiens. Puis on entre dans l'espace décoration, où se trouvent les fauteuils, les tables et les chaises qui ornaient le salon Fontainebleau, les suites Normandie ou Ile de France, et les ponts extérieurs du grand bateau. L'idée est originale, le musée a reproduit de grandes photos devant les fauteuils et tables prouvant leur provenance et les replaçant dans leur contexte d'époque... Les Laques prêtées par l'écomusée de Saint-Nazaire, qui ornaient quant à elles le salon Ravel du transatlantique montrent aux visiteurs ce que les architectes et artistes français ont pu créer 51 ans auparavant.
Les allées défilent jusqu'à pénétrer dans une carlingue d'avion, comme si le France avait besoin de revoir celui qui l'a tué ! On regrettera que la maquette d'agence destinée aux vendeurs de croisières aux Etats-Unis n'ait pas été branchée pour l'occasion. Les coursives se poursuivent, en nous offrant la possibilité de voir ce que proposait le navire pendant ses croisières et ses traversées, des cours de cuisine aux cours d'anglais, en passant par les flippers et le bowling embarqué... Le paquebot France offrait à ses passagers ce que les années 60 faisaient de mieux. 


L'Expo France (© : MUSEE DE LA MARINE) 


L'Expo France (© : MUSEE DE LA MARINE) 

Les souvenirs émouvants des passagers se succèdent lorsqu'on commence à apercevoir la fin de l'exposition. Une brève évocation du Norway et du Blue lady, puis nous voilà sur la fin de ce fabuleux voyage dans les années 60. Le débarquement s'annonce. On ne peut que regretter que ce navire, qui a vogué 12 années sous pavillon français et plus de 24 sous pavillon norvégien, n'ait pas plus de reconnaissance de la longue période où il navigua sous le nom de Norway. Car il ne fait pas oublier que les Scandinaves ont offert au navire une belle carrière, le choyant au même titre, et peut-être plus, que sa patrie d'origine. Dommage que l'évocation soit si légère.
Ceci étant dit, l'avenir d'un nouveau France s'organise, en remontant les marches qui nous mènent vers l'exposition permanente le public découvre le projet de Didier Spade : « Le Nouveau France », avec une maquette au 200e du futur paquebot, qui pourrait naviguer vers 2015... La silhouette, étonne, mais France en son temps ne l'a-t-il pas été autant, avec ses cheminées si particulières et si innovantes ? 
_____________________________________________________

Exposition « Paquebot France » 

du 9 février au 23 octobre 2011, 
au Musée national de la Marine à Paris, palais de Chaillot. 

Du lundi au vendredi : 11 h à 18 h 
Samedi et dimanche : 11 h à 19 h 

Plus d'informations sur le site de l'exposition
 
A lire également :
 
Il y a 50 ans, le paquebot France était mis à flot
 
Deauville : Le mobilier du France et du Normandie s'arrache à prix d'or

Cap Océan : Retour sur la fin du paquebot France
 
Ex-paquebot France : La bonne affaire pour les vendeurs de souvenirs

Les derniers vestiges de l'ex-paquebot France aux enchères
 
Le paquebot France s'en est allé au pays des légendes maritimes
 
Les ferrailleurs s'attaquent à la coque de l'ex-paquebot France

Ex-paquebot France: NCL condamné après l'explosion d'une chaudière

Et les oeuvres d'art du paquebot France revinrent à Saint-Nazaire

L'ex-paquebot France n'a plus de passerelle
 
La découpe de l'ex-paquebot France a débuté
 
Les premiers objets de l'ex-paquebot Norway en vente sur Internet?
 
Feu vert de la Cour suprême indienne pour le ferraillage de l'ex-France
 
Blue Lady : Un pas de plus vers les chalumeaux ?
 
Norway: Toujours l'attente à Alang
 
Ex-France : Encore un espoir d'échapper aux chalumeaux?
 
Ex-paquebot France : Un pas de plus vers la casse
 
Le Norway est arrivé au large de l'Inde
 
L'ex-paquebot France repéré au sud de l'Inde, tiré par des remorqueurs de Dubaï

Interdiction de pénétrer dans les eaux indiennes pour le Norway
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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 23:06

saint-jacques.JPGEn 2010 un petit article 'Saint Jacques d'Abbeville , l'église oubliée , est passé sur ce blog .

Il semblait que le combat des habitants pour conserver leur église était bien engagé , notamment par le Collectif Saint Jacques d'Abbeville

Des communes ont ainsi , sur consultation des édiles , approuvé la restauration de leur église , même aux prix de plus lourds impôts .

Ce fut le cas en mai 2009 à Saint Chamond , dans la Loire ,pour l'église Notre Dame , et en juin 2010 dans la commune de Plounérin , Côtes d'Armor, petite et sans grandes ressources , et dont le maire , si je me souviens bien ? porte l'étiquette communiste .

Honneur à eux !

Car ce n'est pas seulement un monument , modeste ou imposant , c'est un témoin de milliers de vies passées par l'église , autour d'elle , habituées à ses carillons , à ses glas , à son clocher , si familier qu'on ne le voit plus , et qui s'il vient à disparaitre nous apprend le néant .

Mais la passion du patrimoine et l'attachement aux racines ne sont que mains nues sur le béton des indifférences , des cupidités ou des ignorances .

 

Pendant les "Trente Glorieuses " au fond bien mal nommées , la découverte en Île de France d'une chapelle gothique fermée , entourée de ronces , dont un vitrail se brisait sous la poussée d'un prunier sauvage, m' a arraché des larmes ; déja personne alentour ne s'en émouvait .

 

Depuis deux semaines les images de la destruction de l'église Saint Jacques nous indignent ou nous bouleversent .

Ce n'est qu'un début : des églises sous bulldozers , nous en verrons d'autres ....

 

Et bientôt notre identité toute entière sera Saint Jacques d'Abbeville.

Mais à qui la faute ?

 

(Voir le Diaporama de la estruction de l'Eglise Saint-Jaques)

 

eglise-d-abbeville.JPG

 

Qui s'est soucié de connaitre le budget de la Culture* , et ce que le Ministère en fait ?

Qui s'est soucié des innovations dans les programmes de français et d'histoire des lycées et collèges ?**

Qui s'est soucié de savoir la différence entre jeûne du Ramadan , et jeûne de notre temps de Carême ?

Nous vivons des temps difficiles , les commentaires sur les sites politiques se bousculent , dans la course au dernier mot , mais le jour venu

l'abstention bat ses records .

 

Or , qui ne dit mot consent

 

FBR 21 avril 2013

 


 


 

 

Abbeville-tda.JPG

(cliquez sur l'image pour lire l'article de la Tribune de l'Art de 2010)

 

abbeville-interieur.JPG

 

abbeville-lutin abbeville-christ

 

abbeville-lettre.JPG

(Cliquez sur l'image pour lire l'article de Didier Rykner)

 



Démolition de la façade est de l'église Saint... par courrier-picard



abbeville-blog.JPG

Visiter le blog de l'Eglise Saint Jacques d'Abbeville (cliquez sur l'image)



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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 02:14

Chers signataires de la pétition SAUVONS LES SERRES D’AUTEUIL

 

habitants de la France entière et de nombreux pays étrangers,

 

 

 

SERRES_D_AUTEUIL20102.jpgmerci pour votre impressionnante mobilisation en faveur du Jardin botanique des Serres d’Auteuil situé dans le Bois de Boulogne, classé Monument Historique (près de 49 800 signatures Internet et un millier sur papier).

 

De nombreux signataires n’ayant pas reçu mon mail du 11 mars dernier, je le renvoie à tous et vous demande de continuer à signer et faire signer la pétition afin que l’on dépasse le seuil symbolique des 50 000.

 

J’ai le grand plaisir de vous informer que les associations locales, nationales et internationales qui défendent l’intégrité du jardin botanique viennent d’obtenir une première victoire, le TA (Tribunal Administratif) de Paris ayant annulé le 1er mars dernier la délibération du Conseil de Paris du 11 juillet 2011 portant sur la modernisation du stade Roland-Garros. Plusieurs associations avaient engagé un recours contre cette délibération autorisant notamment l’extension de Roland-Garros sur le Jardin botanique. Suivant les réquisitions des associations, le TA a estimé que la convention (CODP ou Convention d’Occupation du Domaine Public) passée entre la Ville de Paris et la FFT (Fédération Française de Tennis) est illégale, au double motif d’une information « pas suffisante » des conseillers de Paris lors du vote, et d’un taux de redevance versée par la FFT en application de cette convention de 99 ans « manifestement trop faible au regard des avantages de toute nature consentis » à la FFT.

Le TA a donné deux mois à la Ville de Paris pour résilier la convention.

 

La Ville de Paris et la FFT ont immédiatement fait appel, persistant à vouloir amputer et bétonner ce jardin plus que centenaire en construisant un stade de tennis de 4950 places à quelques mètres du Palmarium. Ce serait non seulement dénaturer ce poumon vert, mais aussi détruire la perspective d’ensemble de ce chef d’œuvre d’architecture et de science botanique imaginé dans ses moindres détails par Jean-Camille Formigé, un des grands architectes-paysagistes de la fin du XIXème siècle, aussi célèbre en son temps que Baltard ou Eiffel.

 

Cette position est d’autant plus incompréhensible que deux associations nationales de sauvegarde du patrimoine, la SPPEF (Société pour la Protection des Paysages et de l’Esthétique de la France) et VMF (Vieilles Maisons Françaises), ont proposé depuis mai 2012 un projet alternatif épargnant le jardin botanique des serres

d’Auteuil. Ces deux associations ont présenté aux médias le 5 mars dernier un chiffrage d’environ 53 millions de ce contre-projet proposant notamment de couvrir une partie de la bretelle de l’autoroute A13 et permettant le maintien du tournoi du Grand Chelem à Paris.

 

Tout comme vous, signataires de la pétition, les associations attendent maintenant impatiemment le jugement de la Cour administrative d’appel de Paris en ce qui concerne l’annulation de la CODP, jugement qui devrait intervenir d'ici l’été.

 

Et plus que jamais, comme l’a souligné Alexandre Gady, président de la SPPEF, lors de la conférence de presse, nous nous tournons vers les ministres concernées, l’une chargée de la Culture et de la Communication, l’autre de l’Ecologie, du Développement durable

et de l’Energie, pour leur demander de sauver le jardin botanique, site

triplement protégé (classé Monument naturel, Monument historique, et labellisé « Jardin botanique de France et des pays francophones »).

 

Bien entendu, en l’état actuel des choses, les associations doivent poursuivre leur combat juridique (elles ont notamment déposé deux autres recours sur d’autres aspects du projet d’extension du stade Roland-Garros sur le Jardin botanique), et sont déterminées à déposer autant de recours qu’il s’avèrera nécessaire.

 

Pour poursuivre leurs actions juridiques, elles ont besoin de votre soutien financier, afin de disposer du concours des meilleurs avocats spécialisés face à ceux de la Ville de Paris et de la FFT.

 

Vous pouvez adresser vos dons à l’une des associations nationales participant aux recours, la SPPEF (Société pour la Protection du Paysage et de l’Esthétique de la France), en vous rendant sur leur site, où vous trouverez dès la page d’accueil un appel à don :

 

http://www.sppef.fr

 

Les dons en faveur de la SPPEF donnent droit à une déduction fiscale de 66% de leur montant, dans la limite de 20% du revenu imposable, avec la possibilité d’un report sur 4 ans.

 

ENCORE MERCI POUR VOTRE SOUTIEN A NOTRE JUSTE CAUSE, SACHEZ QUE RIEN N’EST JOUE ET QU’IL FAUT POURSUIVRE NOTRE ACTION.

 

Lise Bloch-Morhange

 

Auteure de la pétition, Porte-parole du Comité de soutien des serres d’Auteuil

 

SIGNEZ LA PETITION  (cliquez sur le lien)

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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 00:52

Nous recevons de nos amis de l'Union nationale d'associations pour la sauvegarde de la Basilique de Saint Denis , nécropole des Rois de France , Madame Sylvie Nayt et Monsieur Charles Le Dentu , le message suivant :

 

Vitrail de la Basilique de Saint-Denis"Nous avons la bénédiction du Directeur général des Patrimoines au Ministère de la Culture, les Monuments Nationaux nous appuient , ainsi que la Direction départementale de l'architecture et du patrimoine.

 

Le comédien Lorant Deutsch et le journaliste Stéphane Bern nous ont apporté leur soutien , de même que Mr Olivier de Rohan Chabot , Président de l'association de défense de l'Hôtel de la Marine .

Des travaux ont été entrepris :

 

- la rosace Sud , déposée , est en restauration ; l'orgue de Cavaillé-Coll fonctionne , mais a besoin d'un "lifting" .

La crypte est asséchée .

 

 

Notre action pour le classement au Patrimoine mondial de l'Unesco se poursuit "

 

Nous remercions nos amis pour leur détermination et leur persévérance

 

Le Cercle Hernani

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